Viols des femmes dans l'Est de la RDC : « La situation sur le terrain n'a pas changé » selon le Dr. Denis Mukwege

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon avec Denis Mukwege, fondateur et directeur de l’hôpital de Panzi, République démocratique du Congo.

Le fameux gynécologue de la République démocratique du Congo (RDC), le Docteur Denis Mukwege, qui vient de recevoir aux Etats-Unis un Prix de l'Organisation « Human Rights First », est passé à New York pour rencontrer le Secrétaire général de l'ONU, afin d'exprimer, selon lui, la gratitude venant de la base pour l'engagement de Ban Ki-moon qui s'est concrétisé par la signature de l'Accord cadre d'Addis Abeba pour la paix dans la région des Grands Lacs.

Avant cette rencontre, Denis Mukwege a, au micro de Jean-Pierre Amisi Ramazani, évoqué la troublante réalité persistante des viols des femmes dans l'Est de la RDC.

Depuis une quinzaine d'années, Denis Mukwege, médecin-chef de l'hôpital de Panzi, situé dans la province du Sud Kivu, soigne gratuitement des femmes victimes de violences sexuelles. Il a ainsi prodigué des soins à plus de 40 milles femmes. Vagins détruits et âmes mortes. Le gynécologue recoud et répare.

 Denis Mukwege parcourt le monde pour témoigner de la souffrance de ces femmes et dénoncer les viols massifs, véritables armes de guerre. Pour son combat, a été lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, et a été nominé pour le Prix Nobel de la Paix.

Depuis plus d'une décennie,  la République Démocratique du Congo, principalement dans sa partie Est, fait face à des conflits armés. Des groupes armés tant nationaux qu'étrangers et autres fauteurs de trouble ne cessent d'endeuiller bien des villes et des villages. Les conséquences énormes de ces conflits armés ne sont pas uniquement d'ordre sécuritaire ; elles sont aussi politiques et socio-économiques.

Le site internet de l'Hôpital de Panzi indique que « Depuis 1996 à, la suite de ces conflits armés, quelques organisations internationales crédibles ont publié des statistiques qui font état des filles et des femmes violées. Les groupes armés très actifs à l'Est de la RDC ont été mis en cause dans ces cas de viol. Des villages dévastés et désertés, pillés et détruits, des maisons incendiées, des personnes blessées tant dans leur chair que dans leur esprit ; des jeunes filles emportées comme butin de guerre par les combattants et condamnées à servir d'esclavages sexuels, etc. Tel est le sombre tableau de ces conflits armés qui persistent à l'Est de la RDC. Les conséquences de ces violences armées sur la santé mentale de la population sont déplorables. Nombreuses victimes présentent déjà des symptômes de folie ou de traumatisme. D'autres victimes de ces conflits armés ont été contraintes à des rapports sexuels qui les ont conduites à contracter des infections sexuellement transmissibles (IST) dont le VIH/Sida ».

(Interview : Dr. Denis Mukwege, gynécologue et médecin-chef de l'Hôpital de Panzi, à Bukavu, en République démocratique du Congo ; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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17/12/2014
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