Togo : amélioration de la situation des droits de l’homme, mais des défis subsistent, selon une experte de l’ONU

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Margaret Sekaggya, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme

Au terme de sa mission au Togo, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya, a appelé mercredi le gouvernement de ce pays à veiller à ce que les défenseurs des droits de l’homme puissent mener leurs activités dans un environnement propice en « mettant pleinement en œuvre le cadre juridique existant, en évitant leur stigmatisation et en encourageant un esprit de dialogue et de critique constructive ».

« La situation des défenseurs et de la société civile au Togo s’est améliorée par rapport à celle que j’avais pu observer en 2008. Je félicite les autorités, la société civile et la communauté internationale des efforts consentis », a indiqué Mme Sekaggya.

L’objectif de sa mission était d’évaluer les progrès accomplis au cours des cinq dernières années. « L’environnement est désormais plus propice, mais d’importants défis subsistent », a déclaré l’experte, mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

« Je suis très préoccupée par la politisation croissante de l’environnement dans lequel opèrent les militants depuis 2008 », a expliqué l’experte des Nations Unies. « Je demande à la société civile et aux médias de réévaluer leur position et leur rôle au sein de la société afin de garantir qu’ils œuvrent en toute indépendance et de manière professionnelle lorsqu’ils contrôlent et présentent des rapports sur les obligations de l’État en matière de protection et promotion des droits de l’homme ».

La Rapporteuse spéciale a souligné que le journalisme, une activité relativement récente au Togo, ne s’exerce toujours pas avec « un degré de professionnalisme et un respect des principes élémentaires d’éthique et de déontologie suffisants ».

Cependant, Mme Sekaggya a averti qu’une disposition, dans le code pénal, sur la diffamation pouvait être utilisée afin de « réprimer indûment les personnes critiques des politiques du gouvernement et de réduire considérablement l’espace laissé aux défenseurs pour exercer leur droit à la liberté d’expression, qui est d’une importance cruciale ».

La Rapporteuse spéciale a également exprimé sa préoccupation concernant l’usage de la force par la police dans la gestion des manifestations. Elle a affirmé que les forces de sécurité devaient être formées de manière adéquate à la gestion des foules et au rôle occupé par les défenseurs des droits de l’homme et que ces forces devaient être convenablement équipées. « Les défenseurs ont également un rôle à jouer dans le suivi des manifestations et pour s’assurer que celles-ci se déroulent de manière pacifique », a-t-elle ajouté.

Le rôle de certaines institutions clé, y compris celui de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, a aussi fait l’objet d’une nouvelle évaluation par l’experte des Nations Unies. « Depuis 2008, la Commission a été consolidée, mais elle doit renforcer son engagement auprès des militants et régler le problème du manque de confiance qui semble exister entre eux », a souligné l’experte de l’ONU.

Mme Sekaggya a mis en exergue les difficultés auxquelles sont confrontés certains groupes de défenseurs, notamment les femmes et les personnes œuvrant pour la reconnaissance des droits des femmes, des syndicalistes et de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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23/10/2014
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