Tchad : les défis de la malnutrition et de la lutte contre l'insécurité alimentaire

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Une femme et sa petite fille atteinte de malnutrition aigüe sévère au Centre de nutrition ambulatoire de Mongo, au Tchad (Photo: M. A: Diallo/Radio ONU).

A l'image de plusieurs pays de l'Afrique Centrale et de l'Ouest, les indicateurs de nutrition demeurent faibles au Tchad. Dans les 11 régions de la bande sahélienne et la Capitale N'Djamena, la prévalence de la malnutrition aigüe globale parmi les enfants de moins de cinq ans demeure une source de préoccupation pour les organismes humanitaires. Durant la période de soudure, la prévalence de la malnutrition aigüe globale peut atteindre 20%, qui est au-delà du seuil d'alerte de 10% au cours de la saison post-récolte.

Dans ce troisième volet de notre série de reportage sur le Tchad, notre Envoyé spécial a visité des centres nutritionnels à Mongo, dans la région du Guerra.

Par exemple, au centre nutritionnel supplémentaire (CNS) de Baro public, une journée ordinaire démarre toujours par une prise en charge des femmes enceintes ou allaitantes et des enfants souffrant de malnutrition aigüe modérée. Cette seconde étape de dépistage précède toujours celle du Centre de nutrition thérapeutique où sont traités les enfants malnutris sévères.

Il faut dire qu'au Tchad, près de 22% des enfants naissent chaque année avec un retard de croissance et en 2012 plus de 45.000 décès d'enfants sont reliés à la Malnutrition. Cette « face cachée de la pauvreté » constitue finalement un véritable rouleau compresseur. Surtout pour des femmes comme Haleyma Hamad qui ont des problèmes à allaiter leurs enfants.

En effet, certaines pratiques familiales au cours des premières années de la vie de l'enfant affectent sérieusement le statut nutritionnel de l'enfant. Par exemple, seulement 3% des nourrissons sont  exclusivement allaités jusqu'à l'âge de six mois au Tchad

Pour le Représentant de l'UNICEF, l’insécurité alimentaire n’est pas la seule cause de la malnutrition. Selon Bruno Maes, ces données mettent en exergue le fait que l’insécurité alimentaire n’est pas la seule cause de la malnutrition aiguë sévère. « L’accès à l’eau potable et à des soins de santé, l’usage d’une bonne pratique familiale sont d’autres pratiques qui sont à l’origine de malnutrition dans ce pays », fait-il remarquer.

En raison de la déficience de la diversification des aliments, des pauvres conditions d'assainissement et de l'incidence élevée du paludisme, la prévalence de l'anémie est par exemple également élevée au Tchad. Ainsi la moitié des femmes enceintes et sept enfants sur dix sont anémiques au Tchad (données 2010)

Malgré des progrès significatifs, plus de 83.500 enfants âgés de moins de cinq ans ont été diagnostiqués et traités de malnutrition sévère en juillet, contre presque 86.000 en 2012 à la même période.

Mais sur le terrain, l’UNICEF et ses partenaires ainsi que les autorités restent mobilisés dans ce combat contre l’insécurité alimentaire. « Dans le nouveau Plan national de développement, la nutrition figure comme une des priorités du gouvernement tchadien pour les prochaines années », rappelle à cet égard le Chef de l’UNICEF au Tchad. Dans ces conditions, « les enfants du Tchad ont encore besoin de la solidarité internationale », conclut le Représentant de l'UNICEF dans ce pays.

(Reportage d'Alpha Diallo à Baro public et à Banda au Tchad ; avec des extraits sonores de Bruno Maes, Représentant de l'UNICEF au Tchad, Karen Ologoudou, Chargée de nutrition au PAM et des populations locales).

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19/12/2014
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