République démocratique du Congo : 33 000 personnes reçoivent de l'aide au Katanga

Écouter /

Photo:© CICR / P. Nepa

La violence armée au Katanga, en République démocratique du Congo (RDC), a causé le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes fuyant leurs villages dans le centre-nord de la province. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge de la RDC ont commencé une importante distribution d'articles de première nécessité.

Depuis 2012, la violence armée dans la province du Katanga a provoqué le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes. « Les déplacés vivent un quotidien précaire. L'insécurité les tient dans un état de peur permanent et les force à se déplacer constamment », explique Andrea Drury, cheffe de la sous-délégation du CICR au Katanga.

Lors d'incursions de groupes armés ou d'affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de tels groupes, les violences commises contre les communautés ou ciblant leurs chefs sont fréquentes, et les pillages se multiplient. « La situation de la population en matière de sécurité et d'accès à la nourriture et aux biens essentiels demeure préoccupante », ajoute Andrea Drury. Pour mieux répondre à la situation humanitaire des personnes touchées par la violence au centre et au nord de cette région, le CICR a ouvert un bureau à Manono.

Avec la participation active des volontaires de la Croix-Rouge de la RDC, le CICR vient de commencer une distribution d'articles essentiels (bâches, nattes, couvertures, ustensiles de cuisine, seaux, savons, houes, bidons en plastique et produits d’hygiène) pour environ 33 000 personnes déplacées ou de retour chez elles dans le centre-nord du Katanga, une des zones les plus reculées de la province, située entre Manono, Mitwaba, Malemba-Nkulu et Pweto. Plus de 7 900 personnes ont reçu cette assistance à Kipia et Kizeti, dans le territoire de Malemba-Nkulu, au sud de la ville de Manolo. « Un regain d'instabilité ces derniers jours nous incite à réévaluer la situation dans la zone de Shamwana. Dès que les conditions de sécurité le permettront, les distributions se poursuivront en particulier dans cette zone », précise Andrea Drury. Peu d'organisations humanitaires travaillent dans cette partie du pays, en raison des distances, des défis logistiques et des craintes que suscitent les conditions de sécurité.

Dans une région vaste (20 000 kilomètres carrés) et dépourvue d'infrastructures, l'assistance vise des axes secondaires enclavés où les familles n’avaient encore reçu aucune aide. Les villageois doivent marcher de longues heures pour bénéficier des distributions. « La distance ne nous dérange pas, tellement cette aide est la bienvenue », s'exclame Emérance, qui a dû marcher plusieurs kilomètres depuis le village de Nonda pour recevoir cette assistance. « Je suis contente que nos besoins aient été pris en compte », ajoute Jeanine, une veuve de Kipia mère de trois enfants.

L'état des pistes et les ponts de fortune compliquent les distributions. « L'accès à certaines zones est rendu difficile par la fragilité de nombreux ponts, qui ne permettent pas le passage de camions. Certains ont dû être renforcés avant d'être utilisés ; d'autres, toujours infranchissables, ont dû être contournés, ce qui occasionne de longs détours », précise Adrien Mazamba Kambaja, le logisticien qui coordonne l'opération.

(Extrait sonore : Jean-Yves Clémenzo, porte-parole du CICR à Genève)

Le dernier journal
Le dernier journal
28/11/2014
Loading the player ...