ONU : pour des politiques de migrations centrées sur les droits humains

Au lendemain du terrible naufrage au large des côtes de Lampedusa, en Italie, le deuxième Dialogue de haut niveau sur les migrations a lancé ses travaux jeudi au Siège de l'ONU à New York.

Ce Dialogue est placé sous le thème « Migrations internationales et développement » et cherche à renforcer les aspects positifs de la migration internationale pour les migrants, pour les pays et pour le développement.

François Crépeau, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants participe à ce Dialogue.

Le Rapporteur spécial attribue le drame au large de Lampedusa à l'existence de la migration irrégulière et aux barrières que l'on érige à son encontre.

Selon lui, cette migration est à la fois encouragée par certains facteurs, tels que la pauvreté et la violence dans les pays d'origine, makis aussi par la situation du marché du travail dans les pays de destination, que les emplois soient réguliers ou clandestins.

« La migration est une phénomène naturel de l'humanité qui s'est toujours produite, nous avons conquis la planète de cette manière là comme espèce humaine », a déclaré François Crépeau lors d'une interview à la Radio des Nations Unies.

«On peut essayer de la limiter à tel moment ou à tel endroit, mais comme l'eau, les migrants trouverons un passage ailleurs», a-t-il expliqué avant d'ajouter que « nous ferions tous la même chose si nous étions dans les souliers de ces migrants ».

François Crépeau est venu exhorter les participants au Dialogue sur les migrations à placer les droits des migrants au cœur des discussions. Pour lui «aucune question migratoire ne peut se passer de la question des droits de l'homme des migrants », que ce soit les remises de fonds, l'intégration, les questions de justice, de santé, etc.

Aussi, le Rapporteur spécial souhaiterait-il que la voix des migrants puisse être entendue, car ceux-ci font l’objet de discussions sans pouvoir y participer.

François Crépeau prône un rôle renforcé pour l'ONU par  rapport à la question des migrants. Selon lui, de nombreuses agences et programmes de l'Organisation internationale ont un travail fondamental pour soutenir les migrants, mais il manque une institution qui aurait une voix autorisée au sein de l'ONU.

(Interview : François Crépeau, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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24/04/2014
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