Nigeria : le HCR met en garde contre les retours forcés de Nigérians vers le nord de leur pays

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Des femmes déracinées nigérianes sur le chemin de l’exil avec leurs possessions, en raison de l'insécurité à Maiduguri, dans l’Etat de Borno (Photo HCR).

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) exhorte les Etats à s’abstenir de procéder à des expulsions de ressortissants nigérians, en raison de l'insécurité au Nord-Est de ce pays. En effet, la violence qui se poursuit dans les États d’Adamawa, Borno et Yobe entraîne des déplacements de population qui ont des conséquences humanitaires au Nigéria même, mais aussi dans les pays voisins

Cette insécurité a ainsi forcé plus de 10 000 personnes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées à fuir vers les pays voisins en quête de sécurité, notamment au Cameroun, au Tchad et au Niger.

Le HCR invite donc les pays voisins de garder leurs frontières ouvertes pour les Nigérians fuyant les violence, en ajoutant que la majorité des personnes déplacées pourraient avoir besoin de protection internationale et d’assistance humanitaire.

Au Cameroun, par exemple, plus de 8000 Nigérians s'y sont réfugiés depuis mai dernier.  La plupart de ces réfugiés sont hébergés dans des familles hôtes ou dans des villages. Ces derniers qui fuient des exactions de la secte Boko Haram sont surtout installés dans la partie septentrionale du Cameroun, notamment dans la région de l'Extrême-nord. Les autorités camerounaises ont d'ailleurs accepté l’ouverture d’un camp à Minawaou, dans le nord du pays, à 65 km de la frontière avec le Nigéria

Mais le HCR s'est alarmé de la décision prise par Yaoundé d'expulser de force 111 Nigérians dans leur pays. Suite à ces opérations de contrôle d'identité, quinze Nigérians qui étaient en voie d'être renvoyés au Nigéria ont été tués. « Nous savons aussi que la majorité de ces individus ont réussi à regagner le Cameroun », fait remarquer la Représentante adjointe du HCR au Cameroun. Ces 89 ressortissants nigérians sont détenus par la police et la gendarmerie camerounaise. « Nous demandons aux autorités camerounaises d'avoir accès à ces individus pour voir si parmi ces personnes, il y aurait potentiellement des réfugiés ou des personnes qui se sont déjà enregistrées », a souligné Catherine Hamon Sharpe, dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies.

Par ailleurs, les autorités camerounaises ont posé comme condition de maintenir la frontière ouverte que ces réfugiés ne restent pas à la frontière et soient transférés dans des lieux plus sûrs.

La situation de sécurité au Nigéria reste extrêmement difficile.  La plupart des régions du nord-est sont ainsi affectées par une insécurité chronique, du fait du conflit et des attaques menées par les insurgés de Boko Haram (depuis l’Etat de Bono vers l’Etat de Kaduna).

(Interview : Catherine Hamon Sharpe, Représentante adjointe du HCR au Cameroun ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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