Méditerranée : le HCR attire l’attention sur le risque de nouvelles tragédies

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Plus de 30 000 migrants ont déjà effectué la traversée vers le sud de l’Italie cette année. (Photo: HCR-L. Boldrini)

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)  a lancé une mise en garde sur de nouvelles catastrophes en Méditerranée, qui seront inévitables sans une réponse collective et globale à la tragédie maritime de Lampedusa, la semaine dernière.

En s’adressant aux journalistes à Genève vendredi, le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué que l’agence se félicitait des déclarations et des actions annoncées cette semaine par la Commission européenne et quelques États européens sur le besoin d’éviter ces tragédies à l’avenir. En début de semaine, le Président de la Commission José Manuel Barroso a souligné le besoin de renforcer les capacités pour le sauvetage en mer et la surveillance pour repérer les bateaux.

« Tous les moyens disponibles doivent être utilisés pour remédier aux causes profondes de l’exode dans les pays générant des réfugiés », a indiqué Adrian Edwards. « Il faut davantage d’informations disponibles sur les dangers encourus lors des traversées de clandestins vers l’Europe ; il faut davantage de collecte et de partage de l’information sur les itinéraires et les moyens utilisés durant l’exode et, enfin, il faut améliorer la prévention et la détection pour le sauvetage en mer. » Il a également souligné le besoin de davantage de structures d’accueil pour les nouveaux arrivants et d’amélioration des équipements à Lampedusa, une île qui est confrontée à de graves conditions de surpopulation.

A Lampedusa, quelque 311 corps ont déjà été récupérés de l’épave. Toutefois, le bilan reste provisoire. Selon les déclarations des 156 rescapés, a indiqué Adrian Edwards, entre 50 et 70 corps resteraient encore à retrouver.

« Le phénomène des traversées de la Méditerranée à bord d’embarcations impropres à la navigation vers l’Europe est ancestral et il implique à la fois des problèmes d’asile et de migration », a indiqué le porte-parole du HCR aux journalistes. « Les personnes qui se trouvaient à bord du bateau ayant coulé au large de Lampedusa la semaine dernière étaient presque toutes de nationalité érythréenne. Beaucoup auraient eu besoin d’une protection internationale. »

Parmi les rescapés se trouvent des personnes qui vivaient auparavant au camp de réfugiés de Shagarab à l’est du Soudan et au camp de réfugiés d’Aini Mai dans le nord de l’Ethiopie. La colère suscitée par les décès dus au naufrage à Lampedusa parmi la population de Mai Aini semble avoir été un facteur des troubles survenus le week-end dernier et durant lesquels une personne a été tuée, a ajouté Adrian Edwards.

Le porte-parole du HCR a déclaré qu’un partage plus large des responsabilités parmi les Etats Membres de l’Union européenne aiderait à traiter les demandes d’asile et à trouver des solutions durables pour les personnes ayant besoin d’une protection internationale. Il faciliterait également la fourniture d’une aide au retour pour les personnes dont il aura été déterminé qu’elles n’ont pas besoin de protection.

« Le HCR se tient prêt – avec ses partenaires ONG ainsi que l’OIM – à aider tous les États dans leur recherche de solutions communes aux problèmes qui se cachent derrière l’accident de la semaine dernière au large de Lampedusa », a déclaré Adrian Edwards.

(Extrait sonore: William Spindler, porte-parole du HCR à Paris; propos recueillis par Florence Westergard)

 

Ecoutez l'interview intégrale de William Spindler porte parole du HCR à Paris pour en savoir plus sur les actions prises par certains pays européens pour éviter ce genre de tragédie Écouter /
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28/07/2014
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