L'OIAC lauréate du Prix Nobel de la paix 2013

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Ahmet Uzumcu, Directeur général de l’OIAC et Ban Ki-moon,Secrétaire général de l’ONU

Le Prix Nobel de la paix 2013 a été décerné vendredi 11 octobre à l'Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Selon le Comité Nobel basé à Oslo, en Norvège, ce Prix prestigieux a été attribué à l'OIAC pour son travail considérable visant à éliminer les armes chimiques dans le monde.

Le Secrétaire général des Nations Unies a été parmi les premiers à réagir à cette nouvelle. Tout en félicitant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, Ban Ki-moon a déclaré, entre autres, dans un message que « Des champs de bataille aux laboratoires, en passant par la table des négociations, les Nations Unies sont honorées de travailler en étroite coopération avec l’OIAC pour éliminer la menace posée par les armes chimiques à tous les peuples et de tout temps».

« L’OIAC a considérablement renforcé la primauté du droit dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération. En grande partie grâce à ses efforts, 80% des stocks d’armes chimiques déclarés dans le monde ont été détruits. Je crois fermement que ce succès peut servir d’inspiration à d’autres rouages de la machine mondiale de désarmement afin de répondre aux attentes de la communauté internationale. »

Si l’OIAC obtient une reconnaissance près de 100 ans après la première attaque à l’arme chimique, celle-ci pose toujours un « danger très clair », comme l’a démontré la crise en Syrie, où une équipe préliminaire conjointe ONU-OIAC a été dépêchée pour superviser la destruction des stocks existants.

Le Conseil de sécurité devrait approuver ce vendredi le déploiement, sans précédent, d’une mission conjointe OIAC-ONU en Syrie, qui prendra le relais de l’équipe d’inspecteurs de l’ONU sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques dans ce pays.

« L’OIAC a une tâche spécifique : éliminer les armes chimiques et les empêcher de réapparaître. Mais elle est aussi investie d’une mission plus vaste : prouver que l’inhumanité de la guerre peut donner lieu à l’humanité de la solidarité et de la coopération internationale », a estimé le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a souligné que des progrès devaient être accomplis vers l’adhésion de tous les États membres à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, les exhortant à signer, ratifier et mettre en œuvre sans délai cet instrument juridiquement contraignant.

De son côté, le Directeur général de l’OIAC, Ahmet Üzümcü, a affirmé que le Prix Nobel ne ferait que galvaniser l’engagement et le dévouement de l’Organisation qu’il dirige.

« Depuis plus de 16 ans, nous avons fait ce que l’on attendait de nous. Mais nous avons toujours été inspirés par l’esprit humanitaire qui découle de la Convention sur les armes chimiques. Nous étions conscients que notre travail contribuait, silencieusement mais sûrement, à la paix dans le monde. »

« Un grand honneur a été fait à moi et mes collègues. Mais sans le soutien des États parties, cela n’aurait pas été possible. »

Créée 1997, l'OIAC est basée à La Haye, aux Pays-Bas. Elle a pour mandat de poursuivre les objectifs et le but de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et de veiller à l’application de toutes les dispositions de cette Convention.

(Mise en perspective : Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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17/04/2014
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