FICR/Rapport 2013 : en cas d’urgence, l’amélioration de l’accès à la technologie peut sauver des vies

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Le manque d’accès à l’information et à la technologie a un impact majeur sur la capacité des gens à se préparer à survivre et à se remettre des catastrophes, indique le dernier rapport de la la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) intitulé ”catastrophes dans le monde 2013”.

Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2013 met l’accent sur la technologie et l’avenir de l’action humanitaire . Rédigé par plus de 40 organisations humanitaires et par des universitaires, le rapport souligne que durant les premières heures critiques après une situation d’urgence, la plupart des vies sont effectivement sauvées par les populations locales. Pourtant, beaucoup de ces premiers intervenants n’ont pas accès à l’information et aux outils de sauvetage de base, tels que les systèmes d’alerte précoce, à la connectivité de base et aux infrastructures en réseau.

Alors que « les nouvelles technologies augmentent considérablement la capacité d’auto-assistance des communautés touchées par des catastrophes» , le rapport reconnaît que l’accès à ces technologies est «profondément inégal» . Cette inégalité , appelée «fracture numérique» dans le rapport, est importante dans les pays les plus exposés aux catastrophes à travers le monde .

«Bien que le nombre total de personnes touchées par les catastrophes a diminué en 2012, le nombre de personnes touchées dans les pays les plus pauvres a augmenté, avec plus de 31,7 millions de personnes touchées », déclare Patrick Vinck de la Harvard Humanitarian Initiative et principal rédacteur du Rapport sur les catastrophes dans le monde 2013. «Elles sont aussi souvent celles qui ont le moins accès à la technologie . ”

Le rapport met en garde les agences humanitaires qui se tournent vers les nouvelles technologies comme une source d’information sur les besoins des communautés touchées par une catastrophe. Elles courent le risque de n’écouter que ceux qui sont connectés, et d’exclure ceux qui ne le sont pas .

Bekele Geleta , Secrétaire général de la FICR, explique: «Nous espérons que les gouvernements et les personnes affectées dans les pays sujets à des catastrophes peuvent profiter d’ innovations telles que les logiciels de prévision météorologique, d'imagerie satellitaire et des systèmes d’alerte en masse, augmentant leur résilience aux catastrophes et leur capacité de récupérer rapidement quand ils se produisent.

Le Typhoon Bopha a affecté 6,3 millions de personnes aux Philippines , et des milliers de vies ont été sauvées parce que 99% de la population avaient accès à un téléphone mobile et pouvaient recevoir des alertes précoces et des informations sur les moyens de rester en sécurité ” .

Le rapport exhorte le secteur privé , les organisations humanitaires, les gouvernements et les communautés locales à s’associer pour assurer l’accès à la technologie pour ces populations et les intervenants.

«Il y a d’excellents exemples de ce qui peut arriver lorsque les experts en technologie et humanitaires mettent leurs efforts en commun », déclare Ed Happ, le responsable à l’échelle mondiale de l’information de la FICR. Il ajoute: « La FICR et la société Trilogy de télécommunications ont développé un système SMS TERA, qui a permis à trois millions de personnes en Haïti de recevoir des alertes d’ouragan et des conseils de prévention de maladie. Nous l'avons récemment mis en place en Sierra Leone, et notre ambition est de lancer TERA dans quarante autres pays. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls, les secteurs public et privé doivent travailler avec nous » .

Bekele Geleta ajoute: « Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2013 examine le potentiel de la technologie pour améliorer les opérations humanitaires et accroître la résilience des populations face aux catastrophes. Il se penche également sur les risques et les conséquences involontaires de cet afflux de technologie , et fournit des recommandations sur la façon de maximiser les opportunités, tout en minimisant les risques. En fin de compte ce qui importe n’est pas la technologie, mais la façon dont elles est utilisée pour sauver et améliorer la vie des gens . ”

Le rapport propose également sa synthèse annuelle des informations relatives aux catastrophes. L’année 2012 a vu le plus faible nombre de décès et de personnes touchées par les catastrophes au cours des dix dernières années. Les décès dus aux catastrophes en 2012 étaient de 90% en dessous de la moyenne enregistée lors de la décennie. Le nombre enregistré de catastrophes est également parmi les plus bas de la décennie. Cependant, l’année 2012 se classe cinquième en terme de coûts des catastrophes au cours des dix dernières années .

Au total , il y a eu 552 événements catastrophiques qui se sont soldées par un coût d'environ 58 milliards de dollars. La catastrophe la plus coûteuse a été l’ouragan Sandy, qui a coûté 50 milliards de dollars et la plus meurtrière a été le typhoon Bopha aux Philippines, qui a tué 1.901personnes. A elles seules, les inondations ont touché plus de la moitié des 139 millions de personnes affectées par des catastrophes en 2012, les plus graves d’entre elles ayant touché la Chine en avril et en juin.

(Interview Pierre Kremer, porte-parole de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ; propos recueillis par Florence Westergard)

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29/07/2014
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