Environnement : la Convention des Nations Unies pour lutter contre le mercure ouverte à signature

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(Photo : ONU)

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) salue l’ouverture, mercredi, à la signature du traité historique pour freiner l’utilisation du mercure.

Le coup d’envoi est donné lors d’une cérémonie officielle au Japon, marquant un pas supplémentaire vers l’élimination mondiale du métal lourd, le mercure, qui est utilisé, libéré ou émis dans plusieurs produits et industries.

Juridiquement contraignant, le nouveau traité des Nations Unies a été nommé Convention de Minamata, du nom d’une ville japonaise, marquée par une pollution grave au mercure au milieu du XXe siècle.

« Le traité prévoit des contrôles et des normes pour les équipements médicaux, tels que les thermomètres à faible consommation d’énergie, pour l’exploitation minière, le ciment et les centrales d’énergie au charbon. Identifier les populations à risque, renforcer les soins médicaux et offrir une meilleure formation des professionnels de santé font aussi parti des dispositions du nouvel accord », se félicite l’agence onusienne dans un communiqué de presse.

Agréée en janvier, la Convention marque l’aboutissement de quatre ans de négociations complexes entre plus de 140 États membres, qui se sont réunis à Genève en 2009 sous l’égide du PNUE.

« Avec cette convention, les Nations Unies ont jeté les bases d’une réponse mondiale à un polluant dont l’effet néfaste est reconnu depuis l’époque grecque et romaine, » a déclaré le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. « Tout le monde se mobilise pour en bénéficier, en particulier les petits exploitants de mines aurifères et leurs familles, les peuples de l’Arctique et les générations futures ».

Le mercure et ses différents composés ont de graves effets sur la santé, notamment sur le cerveau avec des lésions neurologiques, rénales et intestinales. Les victimes peuvent également expérimenter des pertes de mémoire et de défauts du langage.

Selon un récent rapport du PNUE, l’Asie est la région qui émet le plus de mercure, en comptabilisant presque la moitié des émissions mondiales. Le rapport montre également qu’environ 260 tonnes de mercure, enfouies sous terre, finissent dans les rivières et les lacs. L’exposition humaine au mercure se produit au travers la consommation de poisson. Ainsi, les écosystèmes aquatiques sont le lien critique avec la santé humaine.

Dans le nouveau traité, les gouvernements sont tombé d’accord sur une variété de produits contenant du mercure dont la production, l’exportation et l’importation seront interdits d’ici à 2020. Parmi eux, figurent les batteries, excepté celles utilisées dans les appareils médicaux implantables, les commutateurs et les relais, certains types de lampes fluorescentes compactes, le mercure dans les lampes fluorescentes à cathode froide, les lampes fluorescentes à électrode extérieure, les savons et les cosmétiques.

Le traité vise également les industries d’exploitation aurifère artisanale et à petite échelle, où le mercure est utilisé pour séparer l’or de la roche. En outre, il contrôlera les émissions et rejets de mercure provenant de grandes installations industrielles variées au niveau des centrales d’énergie à charbon, des chaudières industrielles et de certains types de manipulations de métaux tels que le zinc et l’or.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/04/2014
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