Côte d’Ivoire : les juges de la CPI lèvent les scellés sur un mandat d’arrêt à l’encontre de Charles Blé Goudé

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La Cour pénale internationale (CPI) siège à La Haye, aux Pays-Bas.

La Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a levé mardi les scellés sur le mandat d’arrêt à l’encontre de l’Ivoirien Charles Blé Goudé, mandat initialement délivré le 21 décembre 2011. Un mandat d’arrêt « sous scellés » signifie que celui-ci reste confidentiel et n’est accessible qu’à des personnes autorisés par la Cour.

M. Blé Goudé aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que « coauteur indirect », pour quatre chefs de crimes contre l’humanité – meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains –, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales survenues en Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

« La Chambre préliminaire a conclu qu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’au lendemain des élections présidentielles […], les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l’ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu’elles pensaient être des partisans du candidat de l’opposition », a expliqué la CPI dans un communiqué de presse.

« La Chambre a également conclu qu’il y a des motifs raisonnables de croire que Laurent Gbagbo et son entourage immédiat avaient convenu d’un plan et qu’ils étaient conscients que la mise en œuvre de celui-ci aboutirait à la commission des crimes allégués », a-t-elle ajouté.

En tant que membre de l’entourage immédiat de M. Gbagbo, Charles Blé Goudé aurait exercé un contrôle conjoint sur les crimes et apporté une contribution coordonnée et essentielle à la réalisation du plan, affirme la Chambre. « Il aurait eu le pouvoir de contrôler et de donner des instructions aux jeunes qui auraient été systématiquement recrutés, armés, entraînés et intégrés dans la chaîne de commande des forces de la Défense et de la Sécurité ivoiriennes », qui auraient été renforcées par des milices de jeunes et par des mercenaires loyaux à M. Gbagbo.

Le mandat d’arrêt à l’encontre de Charles Blé Goudé est le troisième délivré dans le cadre de la situation en Côte d’Ivoire. Les deux autres l’ont été à l’encontre de Laurent Gbagbo, le 23 novembre 2011 et de sa femme, Simone Gbagbo, le 29 février 2012.

Du côté de la défense, l'un des avocats de Charles Blé Goudé joint par ONUCI-FM rappelle que la CPI a une compétence complémentaire relativement aux juridictions nationales. Une exception d'incompétence pourrait être soulevée, dans la mesure où les juridictions ivoiriennes sont déjà saisies des mêmes faits.

(Reportage de Bob Quenum, d'ONUCI-FM)

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18/04/2014
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