CEDAW : Nicole Ameline se félicite de l’adoption d’un document historique sur les femmes et les conflits

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Nicole Ameline, Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Photo: ONU/Pierre Albouy

Un organe clé du système des droits de l’homme aux Nations Unies fait désormais obligation aux États parties à la Convention sur les droits des femmes de s’engager à protéger les droits de celles-ci avant, pendant et après les conflits.

Les pays ayant ratifié la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes sont en effet tenus, depuis mercredi, de respecter les droits des femmes lorsqu’ils sont parties à un conflit, mais aussi lorsqu’ils fournissent des troupes dans le cadre des opérations de maintien de la paix ou dans le cadre de leur appui éventuel à la prévention des conflits, à l’aide humanitaire ou à la reconstruction post-conflit.

Adoptée la semaine dernière par le Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), la recommandation générale n ° 30 fait également obligation aux États parties de faire preuve de diligence pour s’assurer que les groupes armés ou des compagnies privées de sécurité, par exemple, soient tenus responsables de leurs actes criminels éventuels contre les femmes.

« Ce document est complet. Il inclut la reconnaissance du rôle central de femmes dans la prévention des conflits et la reconstruction des pays dévastés », s’est félicité la Présidente de la Commission, Nicole Ameline.

« Les expériences des femmes ne sont régulièrement pas prises en compte dans la prévention des conflits et la participation de celles-ci dans ce cadre reste historiquement faible », a relevé Mme Ameline. « Mais en réalité, il existe une forte corrélation entre la recrudescence des violences sexistes et le déclenchement du conflit. »

Fruit de trois ans d’efforts, la recommandation générale précise les obligations des États en vertu de la Convention, y compris de vigilance vis-à-vis des acteurs non étatiques qui se seraient rendus coupables d’actes criminels.

« Il n’est plus suffisant de dire que de tels actes ne relèvent pas de la responsabilité de l’État de la Convention », a souligné Mme Ameline.

La CEDAW a adopté la recommandation le 18 octobre, le jour même où le Conseil de sécurité des Nations Unies adoptait la résolution 2122, qui réitère l’importance de l’implication des femmes dans la prévention des conflits, la résolution et la paix.

Souvent décrite comme une « charte internationale des droits des femmes », la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes propose un programme d’action à mettre en œuvre par ses États parties au niveau national pour y mettre fin.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro, avec des extraits sonores de Nicole Ameline, Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, CEDAW)

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22/08/2014
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