ONU : innover pour mettre l’éducation à la portée des filles

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Autonomiser les filles, garantir leurs droits fondamentaux et lutter contre la discrimination et les violences auxquelles elles font face : l’un des meilleurs moyens d’y parvenir est de fournir aux filles l’éducation qu’elles méritent, a affirmé vendredi le Secrétaire général, à l’occasion de la Journée internationale de la fille.

« Dans un trop grand nombre de pays, trop d’entre elles sont freinées dans leur élan du fait de leur sexe. Celles dont la mère a également été privée d’éducation, qui vivent dans une communauté pauvre ou sont handicapées éprouvent encore plus de difficultés. Parmi les filles qui parviennent à fréquenter l’école, nombre d’entre elles doivent faire face à la discrimination et à la violence », déclare M. Ban dans un message adressé à l’occasion de cette Journée, observée chaque année le 11 octobre.

Le chef de l’ONU a rappelé qu’il avait lancé l’initiative L’éducation avant tout afin d’accélérer les progrès accomplis pour que tous les enfants, et en particulier les filles, puissent se rendre à l’école. « Notre objectif est d’enseigner davantage que la lecture et le calcul; nous nous efforçons d’éduquer des citoyens du monde qui seront à même de relever les défis complexes du XXIe siècle. »

« À l’occasion de la Journée internationale de la fille, investissons de concert dans l’éducation afin que les filles puissent poursuivre leur développement personnel et contribuer à notre avenir commun », lance le Secrétaire général.

Plusieurs organismes des Nations Unies ont répondu à cet appel, dont le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), pour qui cette Journée représente l’occasion de veiller à ce que, d’ici 2015 et au-delà, les filles, partout, aient accès à l’éducation.

Alors qu’il est prouvé que l’éducation est reconnue comme la force motrice la plus importante des objectifs de développement, elle reste un défi dans certaines régions et pays: en 2011, environ 31 millions de filles en âge de fréquenter l’école primaire et 34 millions de filles en âge de fréquenter le premier cycle de l’enseignement secondaire n’étaient pas scolarisées.

« Pour changer la vie des filles […], nous devons innover. Innover peut vouloir dire utiliser les capacités de la technologie pour donner aux filles un moyen de s’exprimer ou pour leur enseigner les compétences nécessaires pour obtenir des emplois. Mais cela veut dire aussi établir un dialogue avec de nouveaux partenaires, utiliser différemment l’argent et les ressources, mobiliser les communautés, les médias et, par-dessous tout, faire participer les jeunes, » a affirmé Anju Malhotra, Conseillère principale à l’UNICEF pour l’égalité des sexes et les droits de la personne.

Ainsi, a-t-elle expliqué, au Niger et en Somalie, l’UNICEF appuie l’accès aux aides financières et aux bourses d’étude pour couvrir les frais de scolarité ainsi que l’essentiel des besoins des filles pour leur permettre d’aller à l’école. En Afghanistan, pour réduire le problème omniprésent de la sécurité pour les filles fréquentant les écoles, innover veut dire construire des écoles réservées aux filles. En République démocratique du Congo, les campagnes « Retour à l’école » offrent aux filles les moyens de défendre leur droit à avoir une éducation de qualité.

En outre, le réseau mondial de laboratoires d’innovation de l’UNICEF fait participer les jeunes, les technologues, le secteur privé et la société civile à la résolution de problèmes. Par exemple, le laboratoire du Kosovo s’emploie à favoriser une participation active de la communauté et à donner aux jeunes des qualifications offrant des débouchés.

Celui du Soudan du Sud organise des ateliers pour les jeunes afin de pouvoir réfléchir sur les problèmes de leur nouveau pays et à ses perspectives et s’est associé à Intel et à l’université de Stanford dans un Hangout de Google pour discuter des problèmes importants qui touchent filles et femmes.

De son côté, ONU-Femmes a plaidé, par la voix de sa Directrice exécutive, pour un enseignement public universel de qualité qui tienne compte des besoins spécifiques des filles.

« L’enseignement peut jouer un rôle dans la prévention de la violence envers les femmes et les filles. À l’heure actuelle, une femme sur trois est victime de violences, et plus de la moitié des victimes d’agressions sexuelles dans le monde sont des filles de moins de 16 ans », relève Phumzile Mlambo-Ngcuka dans un communiqué de presse.

Aussi a-t-elle annoncé le lancement, aujourd’hui même, d’une nouvelle initiative conjointe de prévention de la violence envers les filles. Son programme unique, « Des voix opposées à la violence », sera transmis par l’Association mondiale des guides et des éclaireuses (AMGE) à ses 10 millions de membres dans 145 pays.

Testé par 1.500 membres du mouvement des guides dans 25 pays, le programme pilote a permis d’enregistrer des progrès notables, notamment dans la compréhension des questions de genre et dans l’instauration d’un dialogue avec les parents et les membres des communautés concernées, note le communiqué d’ONU-Femmes.

(Interview : Emna Aouij, Vice-Présidente du groupe de travail des Nations Unies sur la question de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation et dans la pratique ; propos recueillis par Jérôme Longué)

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01/10/2014
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