Syrie : une coalition d'ONG accuse le gouvernement d'user massivement les armes à sous-munitions

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Au 31 juillet 2013, 112 Etats ont signé ou adhéré, à la Convention sur les armes à sous-munitions. Photo : Luke Powell

Des progrès record ont été réalisés par les gouvernements s'activant à remplir les obligations du traité de 2008 interdisant les armes à sous-munitions, tandis que l'utilisation par la Syrie de ces armes interdites a été largement condamnée. Selon le rapport 2013 de l'Observatoire des armes à sous-munitions, publié ce mercredi 4 septembre à Genève, Damas a connu le plus grand nombre de victimes en 2012 avec des informations faisant état d'au moins 165 nouvelles victimes d'attaques d'armes à sous-munitions.

Le document note aussi qu’il est « probable » que des armes à sous-munitions égyptiennes et russes, utilisées par la Syrie, aient été transférées dans le passé, et non au cours du conflit récent. « L’utilisation massive d’armes à sous-munitions par la Syrie a causé des victimes civiles inutiles, mais la condamnation générale de l’utilisation de cette arme interdite montre que la stigmatisation des armes à sous-munitions est forte », affirme Mary Wareham de l’ONG Human Rights Watch qui a participé à la rédaction du rapport.

Des victimes de restes d'armes à sous-munitions ont aussi été confirmées au Cambodge, au Liban, en République démocratique populaire lao, en Serbie, au Soudan, en Syrie, au Vietnam, ainsi que dans la région du Haut-Karabagh.

Le rapport 2013 de l'Observatoire des armes à sous-munitions détaille l'usage massif d'armes à sous-munitions par le gouvernement syrien au cours de la seconde moitié de l'année 2012 et de la première moitié de l'année 2013. Au total, 113 Etats ont condamné l'utilisation d'armes à sous-munitions par la Syrie, dont une douzaine d'Etats non parties à la Convention.

Les forces gouvernementales du Myanmar pourraient avoir utilisé une arme interdite par la Convention sur les armes à sous-munitions fin 2012 et début 2013, et il existe des rapports non confirmés d'utilisation d'armes à sous-munitions par le Soudan en 2012 et 2013. La Libye et la Thaïlande ont utilisé des armes à sous-munitions en 2011. Aucun de ces Etats n'a rejoint la Convention sur les armes à sous-munitions. Il n'y a pas eu de rapports confirmés ou d'allégations d'utilisation d'armes à sous-munitions par un Etat partie ou signataire à la Convention sur les armes à sous-munitions depuis que celle-ci a été ouverte à la signature en décembre 2008.

Par ailleurs, au 31 juillet 2013, un total de 112 Etats ont signé ou adhéré, à la Convention sur les armes à sous-munitions, qui interdit complètement l’utilisation, la production, le transfert, et le stockage de ces armes. Dix-sept pays, principalement en Asie et en Europe, continuent de produire des armes à sous-munitions ou se réservent le droit d’en produire à l’avenir. Parmi ces Etats producteurs, seuls trois sont connus comme ayant utilisé ces armes dans le passé: les Etats-Unis, Israël, et la Russie.

Le rapport 2013 est publié en vue de la 4e réunion des Etats parties à la Convention, qui aura lieu à Lusaka, en Zambie, du 9 au 13 septembre.

Créé en juin 1998 par la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), colauréate du prix Nobel de la paix en 1997, l'Observatoire des mines et des armes à sous-munitions constitue l'organe de recherche d'ICBL et de la Coalition sur les armes à sous-munitions (CMC). Cette initiative est coordonnée par un comité d'experts de l'ICBL-CMC et de représentants de cinq organisations non gouvernementales: Action on Armed Violence, Handicap International, Human Rights Watch, Mines Action Canada, et Norwegian People's Aid.

(Interview : Amélie Chayer, Analyste politique à la Coalition sur les armes à sous-munitions ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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29/09/2014
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