Syrie : l'équipe de Pinheiro enquête sur 14 attaques chimiques présumées

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Le Président Paulo Sérgio Pinheiro et les autres membres de la commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie (Photo: ONU/J.M. Ferré).

La Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie a, dans son dernier rapport présenté ce lundi 16 septembre, accusé le régime syrien de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, et la rébellion de crimes de guerre. Ce document présenté devant le Conseil des droits de l'homme à Genève n'a pas établi les auteurs de l'usage d'armes chimiques le 21 août dernier. Et lors d'une conférence de presse, le président de la Commission, Paulo Pinheiro a annoncé que son équipe enquêtait sur 14 cas présumés d’attaques chimiques qui auraient été commis depuis septembre 2011.

A ce stade, la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits humains en Syrie n'a pas établi le véritable responsable de l'attaque chimique du 21 août dernier. Seule certitude pour l'équipe de Pinheiro, leur volonté de se pencher sur les 14 cas présumés d’usage d’armes chimiques depuis septembre 2011. Et pour y arriver, elle espère recevoir le feu vert de Damas pour se rendre sur les lieux présumés de ces 14 attaques et établir, dans la mesure du possible, l’identité des responsables.

Dans son précédent rapport, la Commission d’enquête n’avait fait état que de 4 cas d’attaques chimiques (deux en mars 2013 et deux en avril 2013). La Commission d’enquête n'a pas toutefois indiqué quand exactement avaient eu lieu les 10 autres cas, se contentant d’indiquer que les 14 cas ont été enregistrés depuis le début du mandat des enquêteurs en septembre 2011.

Il a relevé que la Convention sur l’interdiction des armes chimiques de 1993 entrerait en vigueur en Syrie le 14 octobre 2013, suite à la procédure entamée le 14 septembre dernier par le Gouvernement.

Par ailleurs, Paulo Pinheiro a rappelé que l’usage d’armes chimiques est un crime de guerre.

Il a néanmoins souligné que la grande majorité des victimes du conflit est le résultat d’attaques avec des armes classiques comme des fusils et des mortiers.

A cet égard, il a affirmé que les forces gouvernementales ciblaient aveuglement les civils et pratiquaient systématiquement la torture.  Le Gouvernement a poursuivi sa politique de bombardements incessants sur les villes et leurs banlieues, à Damas et Alep en particulier.

Les groupes extrémistes antigouvernementaux ciblent également des civils dans les gouvernorats du Nord.  Paulo Pinheiro a souligné que la vaste majorité des pertes humaines occasionnées résultait de l’usage d’armes classiques.

En conclusion, il a souligné que les États pouvant avoir une influence sur le conflit avaient l’obligation de se conformer au droit international et d’assurer que les parties au conflit fassent de même, ajoutant que les récentes avancées diplomatiques offrent l’opportunité d’un dialogue que les parties doivent saisir pour mettre un terme au conflit.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Paulo Sérgio Pinheiro, Président de la commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie)

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20/10/2017
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