Syrie : le PAM réclame un meilleur accès aux personnes vulnérables

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Le Chef du HCR, António Guterres, et la Directrice du PAM, Ertharin Cousin, lors d'une visite en Iraq. Pour tous les organismes humanitaires, l'accès reste un défi à l'intérieur de la Syrie (Photo : HCR/S.Baldwin).

Alors que les chefs de la diplomatie russe et américaine poursuivent à Genève leurs discussions sur le contrôle de l’arsenal chimique syrien, le Programme alimentaire mondial lance un nouvel appel pour un accès humanitaire sans entrave dans ce pays. Pour de nombreux organismes humanitaires, cela éviterait une situation où la faim devient une raison supplémentaire poussant davantage de personnes à fuir la Syrie. Selon la porte-parole du PAM à Genève, l'accès devient de plus en plus un défi aussi bien à Damas qu'à Al-Hassakeh, Alep ou Idleb.

Ainsi en août dernier, le PAM pouvait avoir accès à 39 localités à l'intérieur de Damas et dans ses faubourgs qu'on appelle le Damas rural. De façon générale, le PAM n'a accès qu'à 27 localités à l'intérieur de Damas au cours de l'année et 35 dans les faubourgs de la capitale syrienne. De nombreuses zones en Syrie sont devenues inaccessibles en raison de la recrudescence des violences et de l'établissement de plusieurs postes de contrôle autour des grandes villes qui entravent l'acheminement des vivres. L'accès à certaines zones dans les gouvernorats d'Al Hassakeh, Al Raqqa, Deir Ezzor, Alep, Idlib et Damas rural devient encore plus difficile en raison de l'insécurité croissante et de la fermeture des routes.

« L'urgence pour les humanitaires, c'est toujours l'accès et la situation dramatique dans laquelle se trouvent ces populations, ces civils à l'intérieur de la Syrie, mais aussi le sort des réfugiés dont le flot continue d'augmenter dans les pays voisins », fait remarquer la porte-parole du PAM à Genève. Selon Elisabeth Byrs, l'urgence est donc de « pouvoir atteindre ces populations vulnérables à l'intérieur de la Syrie, ces civils dont la situation devient de plus en plus difficile, toutes ces personnes qui ont dû mal à trouver à manger et obligés de rester dans de longs fils d'attente pour espérer trouver du pain dans les rares boulangeries qui fonctionnent encore ».

En attendant, le PAM s'adapte à la situation sur le terrain. Par exemple, le PAM a ainsi profité de l'accalmie dans certaines zones de la région de Damas pour venir en aide à 600.000 personnes. En août, l'agence alimentaire de l'ONU avait pu expédier des vivres pour nourrir 2,4 millions de personnes- un chiffre inférieur à son objectif de trois millions de personnes par mois- en raison de la dégradation de la situation.

Le PAM vise à nourrir trois millions de personnes en Syrie par mois et prévoit de renforcer ses opérations pour atteindre quatre millions de personnes en octobre. Selon les récentes évaluations des récoltes et de la sécurité alimentaire, environ quatre millions de personnes sont dans l'incapacité de produire ou d'acheter suffisamment de nourriture. La situation de la sécurité alimentaire en Syrie s'est considérablement détériorée au cours de cette dernière année et la production agricole va continuer de chuter au cours des 12 prochains mois si le conflit perdure. Le taux d'inflation  a augmenté de 50% par rapport à 2011, avec la hausse des prix alimentaires la plus élevée, de 300 pourcent voire plus, enregistrée à Al-Hassakeh, Hama et Alep.

La crise en Syrie est la crise la plus complexe, difficile et importante à laquelle le PAM se trouve confronté à travers le monde. Le PAM a besoin de récolter 30 millions de dollars par semaine afin de pouvoir répondre aux besoins alimentaires des personnes touchées par le conflit syrien.

(Interview : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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29/07/2014
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