Syrie : la Commission d'enquête dénonce les attaques contre des hôpitaux

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Paulo Sergio Pinheiro, Président de la Commission d'enquête internationale de l’ONU sur la Syrie.

En Syrie, des hôpitaux ont été détruits partout dans le pays et du personnel médical pris pour cible. Dans un rapport additif, la Commission d'enquête internationale sur la Syrie note que des civils malades ou blessés et des belligérants hors combat ont été abandonnés à leur triste sort sans traitement. L'équipe de Paulo Sergio Pinheiro accuse principalement l’aviation de l'armée gouvernementale de pilonner délibérément les hôpitaux.

Les forces gouvernementales syriennes ont délibérément bombardé des hôpitaux de campagne pour empêcher blessés et malades d’avoir accès aux soins. Dans ce rapport qui sera examiné lundi 16 septembre devant le Conseil des droits de l'homme, la Commission d'enquête sur la Syrie accuse Damas et son aviation de faire « de l’interdiction de l’accès aux soins une arme de guerre », particulièrement dans les zones contrôlées par l’opposition.

Les enquêteurs de l'ONU notent que les services de sécurité et de renseignements ont établi des centres de détention à l'hôpital militaire Abdul Gadir Al-Shagafi d'Al-Waar (Homs) et à l'hôpital militaire d'Al Mezzeh (Damas). Les prisonniers y sont amenés ligotés et les yeux bandés. Chacun y est enregistré sous un matricule attribué par l'autorité.

Dans ces infrastructures sanitaires, des détenus, dont des enfants, y ont été battus, brûlés avec des cigarettes, et soumis à la torture. « Il a été fait état de cas de patients torturés dans ces hôpitaux, en coordination avec diverses sections de la sécurité. Des patients auraient été roués de coups à l'hôpital militaire d'Al-Mezzeh dans une salle de 14 lits placée sous garde », lit-on dans ce document de la Commission d'enquête.

Toutefois, les groupes rebelles ne sont pas exempts de reproches. Il est prouvé que des « groupes armés antigouvernementaux ont attaqué des hôpitaux dans certains endroits » comme à Daraa.

Selon l'équipe de Paulo Sergio Pinheiro, des hôpitaux ont été détruits partout dans le pays et du personnel médical pris pour cible.  Des civils malades et blessés et les belligérants hors combat ont été abandonnés à leur triste sort sans traitement. Et selon la Commission d'enquête, ces attaques sèment la terreur parmi la population civile.

Le soulèvement en Syrie, qui s’est transformé en guerre civile, a fait plus de 110 000 morts depuis mars 2011.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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23/04/2014
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