République centrafricaine : le HCR évoque une insécurité dramatique dans le Nord

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L’insécurité a poussé de milliers de Centrafricains à fuir leur domicile, s’ajoutant ainsi au nombre de 206 000 personnes déjà déplacées en République centrafricaine (photo: HCR/D.Mbaiorem).

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) est vivement préoccupé par la situation en République Centrafrique surtout dans le nord du pays qui échapperait à tout contrôle.  Une mission conjointe du HCR et du Bureau de coordination des affaires de l'ONU (OCHA) a constaté des scènes de désolation dans cette région septentrionale où des violations massives des droits de l’homme sont perpétrées. L'équipe de l’ONU, qui a pu se rendre sur place la semaine dernière, y a découvert sept villages complètement incendiés et des populations terrifiées.

« Des pillages, des vols, des enlèvements, des actes de torture ont eu lieu et les villageois se cachent dans la forêt », a indiqué le Chef du Bureau du HCR à Paoua en charge de la protection, joint au téléphone par la Radio des Nations Unies. Selon Alphonse Ngarambe, la population vit dans l'insécurité.

Lors de cette mission dans la ville de Paoua, à 500 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine, Bangui, les humanitaires onusiens y ont constaté aussi des villages abandonnés, des déplacements massifs de populations et des éléments témoignant d’atteintes aux droits de l'homme. Selon le Chef du Bureau du HCR à Paoua en charge de la protection, certains villages se sont vidés de leur population ou ont été incendiés. Alphonse Ngarambe note que lors de cette mission, les populations ont indiqué avoir fui dans la brousse du fait de la peur de représailles des militaires de la Séléka.

L’équipe du HCR fait état d’une anarchie généralisée dans la région. Les villageois ont indiqué que cette insécurité pourrait être liée à des actes de représailles à la suite d'un affrontement le mois dernier entre des membres de la Séléka et des groupes d’auto-défense qui tentaient de protéger leurs familles et leurs biens.  « Il y a un groupe d'auto-défense, qui n'a pas été bien identifié, qui aurait attaqué des positions de la Séléka et en représailles les militaires de ce mouvement sont rentrés dans ces villages à la recherche de leurs agresseurs », fait remarquer Alphonse Ngarambe. « Mais la plupart des villageois avaient déjà fui pour trouver refuge dans la forêt. Du coup, des maisons ont été entièrement pillées et incendiées par la suite », ajoute-t-il.

Selon les Nations Unies, plus de 206.000 personnes étaient déjà déplacées en République centrafricaine avant les récentes violences et près de 62.000 ont trouvé refuge dans les pays voisins, dont les deux tiers en République démocratique du Congo.

Les récents combats et l'insécurité ont affaibli davantage les services les plus élémentaires dans le pays et aggravé la situation humanitaire déjà désastreuse. La crise humanitaire affecte l’ensemble de la population centrafricaine, soit 4,6 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants. Actuellement, 1,6 millions de personnes ont urgemment besoin d’assistance, notamment une aide alimentaire, la protection, accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’assainissement et au logement.

(Extrait sonore : Alphonse Ngarambe, Chef en charge de la protection du Bureau du HCR à Paoua, en République Centrafricaine ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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25/12/2014
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