Les envois de fonds : un frein au développement?

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Si vous faites partie de ces milliers de gens qui envoient de l'argent à leurs parents et amis à l'étranger, attention! Peut-être faites-vous autant de mal que de bien,

Cette pratique d'envois de fonds qui consiste à envoyer de l'argent au pays lorsque l'on est à l'étranger joue désormais un rôle important dans l'économie mondiale. Selon la Banque mondiale les envois de fonds ont dépassé 400 milliards de dollars l'année dernière et pour plus de 60 pays ils entrent pour au moins 5% du Produit intérieur brut (PIB).

Bien souvent, ces fonds d'un grand secours pour les familles des travailleurs émigrés. Mais selon Ralph Chami du Département du Moyen-Orient et Asie centrale au Fonds monétaire international (FMI), ces flux internationaux de liquidités peuvent être un frein pour l'économie du pays de destination.

Selon l’économiste du FMI, lorsqu’on envoie des fonds à sa mère, par exemple, ce n’est pas pour qu’elle investisse mais pour qu’elle puisse consommer. Il attire cependant l’attention sur le fait que lorsque nous consommons, ce n’est pas seulement des marchandises locales mais aussi étrangères. D’où beaucoup de déperditions. Les dollars qui arrivent dans le pays en ressortent, ce qui, selon lui, ne profite pas nécessairement à l’économie locale.

Sans nier son rôle d’atténuateur de la pauvreté, l’économiste regrette que les envois de fonds ne soient pas, dans la pratique, une source de capital pour le développement.

L’idée ici, serait de modifier la nature de ces fonds. Il serait plus judicieux d’en faire une sorte de capital privé.

L’hypothèse émise serait de trouver le moyen de canaliser les envois de fonds vers l’épargne. Etant donné que les envois de fonds sont désormais effectués par voie électronique au moyen de téléphones portables, les gens ont, quelque part, un solde électronique et l’utilisent peu à peu pour acheter des marchandises.

Selon Ralph Shami, si les gens ont de l’argent en banque plutôt que directement dans leurs poches, ils apprendront à en épargner une partie et cela alimenterait l’investissement. Toute la question est donc de savoir comment changer la nature des envois de fonds.

(Interview : Ralph Chami, Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI; propos recueillis par Lika Gueye, FMI)

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22/07/2014
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