Débat général : le président américain exhorte les États Membres de l’ONU à faire face aux nouveaux défis

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Alors que le monde doit faire face à une série de “profonds nouveaux défis”, le président américain Barack Obama a engagé les États Membres des Nations Unies à manifester le courage et la détermination pour agir de façon décisive dans un monde marqué par l’effondrement des sociétés et la recrudescence de la violence contre les civils .

« Cet organisme continue d’être testé. La question est de savoir si nous possédons la sagesse et le courage en tant que membres d’une communauté internationale, pour répondre à ces défis de front. Ou si les Nations Unies ne correspondent plus aux critères de notre temps”, a déclaré Barack Obama.

En effet, a-t-il poursuivi, les dirigeants qui avaient construit l’ONU ont compris que l’humanité ne pouvait survivre en empruntant la même voie. Pendant des décennies, l’Organisation a fait la différence : l’éradication des maladies, l’éducation des enfants et le maintien de la paix. Mais alors que de nouveaux défis continuent de se poser, il y a en trois sur lesquels la communauté internationale est appelée à agir, a déclaré Barack Obama.

“Cela va nécessiter de nouvelles idées et des choix très difficiles. Alors que l’ONU a été conçue pour empêcher les guerres entre États, nous devons relever le défi de la prévention de la violence au sein des Etats “, a-t-il dit, soulignant que ces défis vont s’accentuer alors que la communauté internationale est confrontée à des États qui sont fragiles ou défaillants, ” dans des endroits où la violence horrible peut mettre à risque des innocents, des hommes, des femmes et des enfants, sans espoir de protection de leurs institutions nationales.”

“J’ai dit clairement que même lorsque les intérêts fondamentaux de l’Amérique ne sont pas directement menacés, nous sommes prêts à faire notre part pour prévenir les atrocités de masse et protéger les droits humains fondamentaux. Mais on ne peut pas et ne doit pas porter ce fardeau seuls”, a déclaré Barack Obama.

En ce qui concerne la Syrie, où, dit-il, «aux manifestations pacifiques contre un régime autoritaire ont répondu la répression et le massacre », et face à un tel carnage, beaucoup se sont abrités derrière leur identité sectaire – Alaouites et Sunnites , Chrétiens et Kurdes – et la situation dégénérant et se transformant en guerre civile, la communauté internationale a reconnu les enjeux dès le début , ” mais notre réponse n’a pas été à la hauteur du défi. ”

Barack Obama a déclaré que les alliés traditionnels du président syrien Bachar al-Assad ont bloqué, « invoquant les principes de la souveraineté pour protéger son régime. Et le 21août, le régime a utilisé des armes chimiques dans une attaque qui ” a tué plus de 1.000 personnes, dont des centaines d’enfants.”

Le Président américain a dit que la crise en Syrie et la déstabilisation de la région sont au cœur des enjeux les plus importants auxquels la communauté internationale doit maintenant faire face. Et il y a lieu de se demander : « Comment devrions-nous réagir aux conflits au Moyen-Orient et Afrique du Nord ? Comment abordons-nous le choix d'observer cyniquement tandis que les enfants sont exposés à des gaz neurotoxiques, tout en évitant de s'embourber dans une guerre civile d'un pays tiers? Quel est le rôle de l’usage de la force ? ”

Barack Obama a dit que les Etats-Unis ont estimé que comme point de départ, la communauté internationale doit respecter l’interdiction des armes chimiques. Quand il avait affirmé sa volonté d’ordonner une frappe limitée contre le gouvernement Assad, en réponse à l’utilisation éhontée des armes chimiques, ” il ne l'a pas fait à la légère. Il l'a fait parce qu'il croit qu’il est dans l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis et dans l’intérêt du monde de faire respecter une interdiction significative dont les origines sont plus anciens que l’Organisation des Nations Unies elle-même ” .

Le gouvernement syrien a pris une première mesure en fournissant un inventaire de ses stocks. Maintenant, a-t-il ajouté, il doit y avoir une forte résolution du Conseil de sécurité pour vérifier que Damas tient ses engagements. ” Et il doit il y avoir des conséquences si la Syrie ne parvient pas à le faire. Si nous ne pouvons pas être d’accord, même sur ce point, alors cela montrera que l’ONU est incapable de faire respecter les principes les plus élémentaires du droit international ” .

Le locataire de la Maison blanche a fait valoir qu'il ne croit pas que l’action militaire par les parties n Syrie ou par des puissances extérieures peut permettre de parvenir à une paix durable, ni que les États-Unis ou tout autre pays devraient déterminer qui dirigera la Syrie. ” C’est au peuple syrien de décider “, a-t-il dit, se félicitant de l’influence de toutes les nations qui peuvent aider à parvenir à un règlement pacifique. Alors que les négociations se poursuivent sur la tenue d’une conférence internationale de paix sur la Syrie, il a exhorté les Etats Membres de l’ONU à intensifier pour répondre aux besoins humanitaires en Syrie et dans les pays environnants.

Sur l’Iran, il a reconnu la méfiance profondément enracinée entre les deux pays, qui remonte à 1979. Et tandis qu’il ne croyait pas que cette histoire difficile pourrait être surmontée du jour au lendemain il croyait que si Washington et Téhéran peuvent résoudre la question du programme nucléaire iranien”, cela pourra servir de base majeure pour une relation différente, basée sur des intérêts et le respect mutuels”.

Insistant sur le fait que Téhéran doit respecter ses obligations en vertu du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) et des résolutions du Conseil de sécurité, le Président américain a également noté que le guide suprême de l’Iran a émis une fatwa contre le développement d’armes nucléaires. Et le président Hassan Rouhani a récemment réaffirmé que l’Iran ne développera jamais une arme nucléaire.

Barack Obama a déclaré qu’il avait dépêché le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, pour des discussions diplomatiques avec le gouvernement iranien, en étroite coopération avec l’Union européenne, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine.

En ce qui concerne le processus de paix israélo-palestinien, il a déclaré que les Etats-Unis ne transigeront jamais s'agissant de leur engagement envers la sécurité d’Israël, ni son soutien à son existence en tant qu’Etat juif. De même, les États-Unis demeurent résolument convaincus que le peuple palestinien a le droit de vivre dans la sécurité et la dignité dans son propre État souverain.

«Le temps est venu pour la communauté internationale de soutenir la quête de la paix. Déjà, les dirigeants israéliens et palestiniens ont manifesté la volonté de prendre des risques politiques importants “, a-t-il dit, exhortant les Etats Membres à être prêts à prendre des risques aussi.

” Les amis d’Israël, y compris les Etats-Unis, doivent reconnaître que la sécurité d’Israël en tant qu’État juif et démocratique dépend de la réalisation d’un État palestinien”, a-t-il dit, ajoutant que les Etats arabes et ceux qui soutiennent les Palestiniens doivent reconnaître que la stabilité passe par une solution à deux États et un Israël sûr.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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26/11/2014
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