CPI: ouverture du procès contre le Vice-président du Kenya, William Ruto

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William Samoei Ruto et Joshua Arap Sang lors de l'ouverture de leur procès devant la Chambre de première instance V(a) de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, Pays-Bas. © ICC-CPI

Le Vice-président du Kenya, William Samoei Ruto et le Chef des opérations de Radio, Kass Joshua Arap Sang, ont tous deux plaidé non-coupable ce mardi 10 septembre 2013, lors de l'ouverture du procès à leur encontre à la Cour pénale internationale à La Haye.

Les deux personnalités du Kenya sont accusés à divers niveaux de meurtre, de déportation ou transfert forcé et persécution de population lors des violences post-électorales de 2007-2008 dans leur pays.

Selon le porte-parole de la CPI, les accusés ont entendu les charges portées à leur encontre et plaidé. Puis les déclarations liminaires de la Procureure, des victimes et de la défense du Vice-président ont été présentées. La défense de Joshua Sang prendra la parole mercredi 11 septembre et la Procureure présentera ses moyens de preuves, dont les témoins, dès la semaine prochaine.

Le procès à l'encontre du Président Uhuru Muigai Kenyatta aura lieu en novembre.

C'est la première fois que des dirigeants en fonction sont jugés par la justice internationale, en accord avec les dispositions prévues dans le Statut de Rome qui soutiennent un principe d'égalité entre toutes les personnes, sans aucune distinction fondée sur l'exercice d'une fonction officielle. Selon la CPI, il n'y là aucun risque de créer un vide politique au Kenya car les dirigeants comparaisse uniquement lorsqu'il y a des audiences devant les juges de façon volontaire. Il ne sont ni sous détention, ni tenus de rester à La Haye lorsque ces audiences n'ont pas lieu. Aussi, les affaires contre le Vice-président et le Président sont séparées et les juges ont décidé qu'ils traiteraient avec des intervalles d'au moins quelques mois afin d'éviter que les deux ne se retrouvent à La Haye en même temps.

Plus de 300 victimes ont été autorisées à participer au procès, suivant les dispositifs innovants de la CPI qui permettent de donner la voix aux victimes. D'après le porte-parole de la CPI, il est actuellement impossible de confirmer si des victimes ce sont désistées, comme le rapportent certains medias. Toutefois, a-t-il précisé, même si leur désistement s'avérait, le procès se poursuivra car il est lancé par le Bureau du Procureur en apportant des charges contre les accusés devant les juges.

Aussi, la CPI a également confirmé que si la demande du Parlement kenyan de retirer son pays du Statut de Rome aboutissait, cet éventuel retrait ne serait pas rétroactive et n'aurait donc aucun incident sur les enquêtes, procès et affaires en cours.

(Interview : Fadi el-Abdallah, porte-parole du CPI ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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31/07/2014
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