Assemblée générale : Haïti « résolument engagé sur la voie de la démocratie et du développement »

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Laurent Salvador Lamothe, Premier ministre de la République d’Haïti. Photo : ONU/Sarah Fretwell

Tout en reconnaissant l’existence de nombreux défis, le Premier ministre d’Haïti, Laurent Salvador Lamothe, a déclaré jeudi que son pays était fermement engagé sur la voie de la démocratie et du développement.

« Haïti vivait de l’humanitaire », a résumé le Premier ministre dans son allocution au débat général de l’Assemblée générale, évoquant les circonstances difficiles dans lesquelles l’actuel Président haïtien, Michel Joseph Martelly, a pris ses fonctions en février 2011. « L’économie était en piteux état, bien des indicateurs étaient dans le rouge, l’insécurité était galopante et plus d’un million et demi de victimes du séisme de 2010 vivaient sous des tentes. »

« Haïti est aujourd’hui résolument engagé sur la voie du progrès », a assuré M. Lamothe, affirmant que sa vision de l’action gouvernementale s’inscrit pleinement dans la perspective des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), adoptés lors du Sommet du Millénaire de 2000 et dont la date-butoir est fixée à 2015.

La garantie de l’État de droit reste cependant un défi et une priorité pour l’île, a souligné le Premier ministre, mentionnant notamment, au nombre des réussites de son gouvernement, la mise en œuvre d’un Conseil supérieur judiciaire pour garantir l’indépendance des magistrats. Entre autres indicateurs de stabilité politique, M. Lamothe a également salué la performance de la police, grâce à laquelle Haïti est désormais classé parmi les pays les plus sûrs des Caraïbes. « La presse jouit également d’une entière liberté et les membres de l’opposition politique exercent sans contrainte leurs droits », a-t-il relevé.

Dans ce contexte, et alors que 2015 marquera la 10ème année de la présence militaire et policière des Nations Unies en Haïti, le Premier ministre s’est félicité « de la mise en œuvre du plan de retrait progressif de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) ».

Par ailleurs, a poursuivi M. Lamothe, le gouvernement haïtien « continue de donner tout son appui au Collège transitoire du Conseil électoral permanent pour la réalisation d’élections législatives et locales le plus rapidement possible », précisant que, malgré ses ressources limitées, « des fonds importants ont été mis à la disposition de l’organisme électoral ».

« Je témoigne devant vous de notre ferme volonté de consolider la démocratie et de tout faire pour qu’à l’avenir le calendrier électoral soit respecté dans la plus grande rigueur », a-t-il insisté.

En ce qui concerne l’éducation, M. Lamothe a salué les statistiques encourageantes, en particulier l’augmentation de « la scolarisation universelle des enfants en Haïti, passée de 49,6% en 2010 à 77,2% en 2013, et la conduite « d’un programme ambitieux de lutte contre l’analphabétisme ».

« Au registre de la lutte contre la pauvreté et la faim, le gouvernement haïtien a fait des efforts considérables pour éviter un drame humanitaire », a poursuivi le Premier ministre, concédant toutefois qu’Haïti, où 76 % de la population vivait dans la pauvreté et 56% dans la pauvreté extrême en 2011, est également « le pays le plus inégalitaire d’Amérique latine et des Caraïbes ».

Afin de remédier à cette situation, a précisé le Premier ministre, « trois ministères ont créés depuis 2012 pour renforcer les politiques publiques de lutte contre la pauvreté extrême » et une politique nationale de sécurité alimentaire a été définie. Une série de programmes sociaux pour les plus vulnérables a été introduite, a-t-il poursuivi, précisant que « sur 1,5 million de réfugiés du séisme qui vivaient dans des tentes et des abris provisoires, 1,2 million ont été relogés ».

À la liste de ces différents défis, M. Lamothe a ajouté la « très grave » épidémie de choléra apparue en Haïti en octobre 2010, responsable de plus de 8.000 décès et 600.000 infections.

« Le peuple haïtien continue de payer le prix fort en vies humaines », a déploré le Premier ministre, qui a proposé qu’une partie du Fonds mondial soit dédié à l’éradication de ce fléau en Haïti.

« Si nous persistons à croire que les Nations Unies ont une responsabilité morale dans cette épidémie, il n’en reste pas moins vrai que l’ONU appuie les efforts du gouvernement et des différentes agences nationales et internationales impliquées pour éradiquer définitivement ce fléau », a-t-il reconnu, en ajoutant que les efforts d’Haïti et de la communauté internationale ont par ailleurs permis de contenir la propagation du VIH/sida dans le pays.

« Je conclurai en vous demandant d’observer de plus près cette Haïti différente qui émerge depuis trois ans, en dépit des problèmes quotidiens et d’un héritage lourd », a exhorté M. Lamothe, tout en notant avec regret que « si la communauté internationale avait respecté les engagements de l’ordre de 10 milliards de dollars pris lors de la réunion du 31 mars 2010, dans cette même enceinte où nous retrouvons aujourd’hui, les résultats seraient encore meilleurs ».

Veuillez trouver ici le discours intégral de son Excellence Laurent Salvador Lamothe, Premier ministre de la République d’Haïti, lors du débat annuel de la 68ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

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17/04/2014
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