Thaïlande : l'ONU contre l'amnistie éventuelle des responsables de graves violations des droits de l'homme

Écouter /

Navi Pillay

Le Bureau de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme craint que le projet de loi d’amnistie en discussion cette semaine au Parlement de la Thaïlande, s’il est adopté, pourrait gracier les personnes impliquées dans de graves violations des droits de l’homme au cours des violences politiques qui avaient eu lieu en avril et mai 2010 dans ce pays. Ce Bureau souhaite que les fonctionnaires de l’Etat et d’autres personnes impliquées dans des violations graves des droits de l’homme, consécutives à ces violences, rendent compte devant la justice.

Au moment de ces incidents, plus de 90 personnes avaient été tuées et des milliers d'autres blessées. Le 6 juillet 2010, le gouvernement avait créé la Commission Vérité et Réconciliation de la Thaïlande (TRCT) qui a publié un rapport final contenant des conclusions sérieuses et substantielles soutenues par des preuves médico-légales et des mesures d’urgence recommandées pour garantir les responsabilités dans les violations des droits de l’homme.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a réitéré son appel au  gouvernement pour qu'il suive les recommandations de la TRCT et s’assure que les fonctionnaires de l’Etat et d’autres personnalités rendent compte de leurs rôles dans des violations graves des droits de l’homme. Le gouvernement devrait aussi prendre les mesures nécessaires pour poursuivre les auteurs de ces violations.

Pour le Bureau de la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, il est important de garantir la responsabilité, car sans elle il n’y aurait pas de paix sociale.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Bureau de la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, jointe à Genève par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...