Syrie : les conséquences néfastes du conflit sur les filles

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La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui en mission en Syrie en décembre dernier

Mariages précoces, viols, interdiction parentale de se rendre à l'école suite à l'insécurité, port du hijab obligatoire sont autant de conséquences néfastes qui affectent particulièrement les filles suite au conflit en Syrie, a expliqué Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, récemment de retour de mission.

Alors que l’on compte par millions à présent le nombre de personnes affectées par le conflit syrien, Leila Zerrougui s’est rendue en Syrie ainsi que dans les quatre pays voisins qui accueillent les réfugiés du conflit, à savoir la Jordanie, le Liban, le Turquie et l’Iraq, où elle a rencontré des membres du gouvernement, des réfugiés, des déplacés et autres civils, et parlé avec des membres des groupes armés.

Selon la Représentante spéciale, la majorité de la population dans les camps de réfugiés ou centre d’accueil pour les déplacés sont des enfants, et la plupart de ces enfants sont directement affectés par le conflit, parce qu’ils sont devenus orphelins ou parce qu'ils ont perdu un parent, ont été ont blessés, sont affectés par la pauvreté dans laquelle a sombré leur famille, sont malnutris et ne vont pas à l’école.

« Dans uns guerre pareille, il est très difficile de demander aux enfants de rester en dehors de la guerre parce que quand votre père fait la guerre ou est en prison, ou quand vous perdez une partie de votre famille, vous êtes associés au conflit» a déclaré Leila Zerrougui en confirmant qu’une partie des enfants syriens sont recrutés et impliqués dans la guerre en tant que soldats, espions, boucliers humains, pour poser des bombes et établir des points de contrôles.

Les filles sont « incontestablement » affectées par le conflit, a précisé la Représentante spéciale. Même si les garçons sont plus recrutés que les filles, elles subissent le conflit tout autant qu'eux, elles font plus souvent l'objet de viols, elles sont mariées de façon précoce et sont retirées de l'école pour des raisons d'insécurité.

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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01/10/2014
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