Syrie : il est clair que les enfants prennent part au conflit et que leur avenir est compromis, déclare Leila Zerrougui

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Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. (Photo : Violaine Martin)

« Même si la guerre s'arrête, un futur incertain guette les Syriens » a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, de retour de sa récente mission pour évaluer la situation et l'implication des enfants dans ce conflit.

Alors que l'on compte par millions à présent le nombre de personnes affectées par le conflit syrien, Leila Zerrougui s'est rendue en Syrie ainsi que dans les quatre pays voisins qui accueillent les réfugiés du conflit, à savoir la Jordanie, le Liban, le Turquie et l'Iraq, où elle a rencontré des membres du gouvernement, des réfugiés, des déplacés et autres civils, et parlé avec des membres des groupes armés.

Selon la Représentante spéciale la majorité de la population dans les camps de réfugiés ou centre d'accueil pour les déplacés sont des enfants, et la plupart de ces enfants sont directement affectés par le conflit, soit parce qu'ils sont devenus orphelin ou ont perdu un parent, sont directement blessés, ils sont affectés par la pauvreté dans laquelle sombre la famille, ils sont malnutris et ne vont pas à l'école.

« Dans uns guerre pareille, il est très difficile de demander aux enfants de rester en dehors de la guerre parce que quand votre père fait la guerre ou est en prison, ou quand vous perdez une partie de votre famille, vous êtes associés au conflit» a déclaré Leila Zerrougui en confirmant qu'une partie des enfants syriens sont recrutés et impliqués dans la guerre en tant que soldat, espions, bouclier humains, pour poser des bombes et faire les points de contrôles.

La forme courante de recrutement de ces enfants se passe par le biais de la famille, lorsqu'un cousin un oncle ou encore un père décide de partir faire la guerre avec l'enfant.

Aussi certaines familles dans des zones sous contrôle de l'opposition ont rapporté devoir « contribué » aux groupes armés en fournissant un enfant soldat, afin de bénéficier de la protection du groupe. Le Bureau de la Représentante spéciale investigue ces informations pour déterminer s'il s'agit d'une tendance, de cas isolés, ou du modus operandi de certains groupes d'opposition.

La Représentante spéciale souligne la nécessité d'apporter une aide à ces enfants afin de la réhabiliter.

Lors de sa visite, Leila Zerrougui a exhorté les membres du gouvernement et groupes armés d'arrêter de faire payer les conséquences terribles de leur conflit aux enfants, et d'arrêter les violations contre les enfants.

Elle n'a par ailleurs pas manquer de souligner qu'il s'agit de crimes pour lesquels tôt ou tard les personnes qui les ont commande et celles qui les ont exécuté devront répondre que ce soit devant la justice syrienne ou la justice internationale.

Aussi, la Représentante spéciale a-t-elle précisé que l'ONU et ses agences qui œuvrent sur le terrain avec un mandat de protection de l'enfant ou de développement sont prêtes à appuyer et aider tout ceux qui veulent sincèrement mettre fin à ce fléau, fin que ces violations cessent.

(Interview : Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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