République Centrafricaine : des milliers de civils se réfugient à l’aéroport de Bangui

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Des milliers de civils ont fui l'insécurité persistante dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine pour se réfugier à l'aéroport international de Bangui (Photo: HCR/D.Mbaiorem).

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) est alarmé par les nouveaux mouvements de populations dans la capitale centrafricaine. Ces derniers jours, l'insécurité dans deux quartiers de Bangui a poussé de milliers de civils à se réfugier à l'aéroport international de Bangui. Au moins dix personnes auraient été tuées jusqu'à présent.

Le HCR estime que 5000 à 6000 personnes se sont réfugiées depuis mardi soir sur le tarmac de l’aéroport, une zone sécurisée par des Forces armées françaises. Ces civils auraient fui de nouvelles incursions de la Séléka dans leur quartier, Boeing, au nord de la ville, et craignent des exactions. « Les populations disent que ce sont des hommes armés qui sont liés à la Séléka », fait remarquer Djerassem Mbaiorem, porte-parole du HCR en République Centrafricaine (RCA).

Dans ces conditions, le HCR invite les autorités centrafricaines à prendre des mesures immédiates pour protéger les civils et permettre aux civils de rentrer chez eux.

Au cours des dix derniers jours, les civils sont attaqués et font face à des arrestations arbitraires, la torture, l’extorsion de fonds, les vols à main armée, la violence physique, des restrictions de mouvement ainsi qu'à des pillages.

Outre ces nombreux femmes et enfants qui se sont réfugiés à l'aéroport de Bangui, près de 500 autres personnes ont aussi trouvé refuge à l’Hôpital d’Amitié où la détérioration des conditions sanitaires et le surpeuplement sont une source de préoccupation pour les organismes humanitaires. Certaines personnes déplacées sont également hébergées dans des hôpitaux, des églises ou chez des proches.

Le HCR appelle de nouveau le Gouvernement centrafricain à faire son possible pour assurer la sécurité et la protection des civils ainsi que de leurs biens, pour éviter de nouveaux déplacements de populations et de nouvelles souffrances.

En RCA, on compte déjà plus de 206 000 déplacés internes. Depuis la prise du pouvoir par la coalition Séléka fin mars, les anciens rebelles sont régulièrement accusés d’exactions à l’encontre de la population civile.

(Interview : Djerassem Mbaiorem, porte-parole du HCR en RCA ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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01/09/2014
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