Myanmar : le gouvernement doit freiner la propagation de la haine religieuse pour promouvoir l’harmonie ethnique, recommande un expert des droits de l'homme

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Le Myanmar apporte des changements positifs à la situation des droits de l’homme, mais l’absence d’une véritable réconciliation entre les différents groupes ethniques et la propagation de l’incitation à la haine contre des groupes religieux minoritaires, reste un défi crucial que le pays doit surmonter, selon un expert des droits de l'homme.

Tomás Ojea Quintana, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, affirme que le gouvernement doit faire davantage pour s’acquitter de ses obligations en endiguant la propagation de l’incitation à la haine religieuse à travers de forts messages publics, l’établissement de la primauté du droit, et en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains.

S’exprimant à l’issue de sa 8ème mission au Myanmar, Tomás Ojea Quintana a exprimé sa préoccupation face à la poursuite de la séparation et la ségrégation des communautés dans l’État de Rakhine, ajoutant que cela devenait de plus en plus permanent et ayant un impact négatif sur la communauté musulmane.

Une visite par le rapporteur spécial à Meiktila où la violence visant la communauté musulmane a entraîné plus de 10.000 personnes déplacées et 43 morts en mars dernier, a été ajournée court après que son entourage a été malmené par des manifestants.

“Environ 200 personnes se sont ruées vers ma voiture. Ils ont donné des coups de poing et des coups de pied aux fenêtres et aux portes encriant des insultes. Mon souci était que la police était à proximité, mais n’arrêtait vraiment personne et n'intervenait pas. L’incident qui a eu lieu à Meiktila est très grave, mais je n'en ai déjà discuté avec le gouvernement et j’espère que dans un proche avenir, cela ne se reproduira pas. Le Myanmar a fait l’objet de conflits armés depuis de nombreuses décennies. Le défi du gouvernement est de commencer à prendre des mesures au niveau local pour que ce processus soit inclusif et que les minorités ethniques aient voix au chapitre, qu'elles se fassent entendre, et que la participation des femmes soit aussi importante dans ce processus. Sans une participation véritable des communautés ethniques, cela prendra plus de temps et les perspectives de succès seront plus difficiles”.

Tomás Ojea Quintana également déclaré qu'il y a toujours au Myanmar des prisonniers politiques. Il a exhorté le gouvernement à concrétiser son engagement d’avoir tous les prisonniers politiques libérés sans condition d'ici la fin de l’année.

(Extrait sonore : Tomás Ojea Quintana, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Myanmar; propos recueillis par Patrick Maigua)

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29/07/2014
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