Lakhdar Brahimi : les combats meurtriers et les allégations d'utilisation d'armes chimiques en Syrie menacent la paix dans le monde

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Lakhdar Brahimi, Représentant spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie. Photo : Jean-Marc Ferré

Les derniers développements en Syrie, notamment les allégations de l'usage d'armes chimiques dans la région de Damas, démontrent de l'urgence de la reprise des négociations pour relancer le processus  de Genève. Dans une interview accordée à la Télévision des Nations Unies à Genève, Lakhdar Brahimi souligne que ces allégations « sur l'utilisation d'armes chimiques à quelques kilomètres du cœur de Damas ne font que renforcer la réalité du danger que représente la crise syrienne non seulement pour le peuple syrien ou pour la région, mais pour l'humanité toute entière ».

Toutefois, le Représentant spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie note que les récents événements ne vont pas pour autant « changer » ses « plans » quant à la recherche d'une solution pacifique de la crise.  « Mais on va voir les effets » des derniers développements « sur l'attitude des parties, sur l'attitude des pays de la région et sur l'attitude de la communauté internationale », souligne Lakhdar Brahimi.

Selon l'ancien Chef de la diplomatie algérienne, les allégations d'utilisation d'armes chimiques dans la région de Damas ne font que renforcer cette réalité faisant de la crise syrienne, « le danger le plus grand, le plus réel, le plus pressant, qui menace la paix et la sécurité, non seulement à l'intérieur de la Syrie et dans la région Moyen-Orient, mais dans le monde ».

Pour Lakhdar Brahimi, il est « beaucoup trop tôt de dire » que les derniers développements relatifs à une éventuelle utilisation d'armes chimiques pourraient changer les plans du processus des pourparlers de paix de Genève 2.  Seule constance dans le dispositif du Représentant spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, continuer à miser sur une solution pacifique du conflit syrien. « Et le Secrétaire général des Nations Unies dit tout le temps et à chaque fois qu'il prend la parole sur la Syrie qu'il n'y a pas de solution militaire.  Il n'y a qu'une solution politique et que les éléments constitutifs de cette solution politique existent déjà », fait-il remarquer.

Selon Lakhdar Brahimi, les bases d'une négociation restent toujours « dans le communiqué de la première conférence de Genève qui a eu lieu le 30 juin 2012 ».  Et pour la conférence de Genève II, l'objectif est d'arriver à mettre en œuvre, ce qu'il y a dans la résolution et le communiqué de Genève I ». En attendant d'avoir une « date précise » sur Genève 2, les Américains et les Russes se rencontrent à la Haye le 28 août prochain. « Nous sommes en train de discuter avec eux de la possibilité d'une troisième réunion tripartite entre les Nations Unies, les Russes et les Américains en début septembre ».

Le Représentant spécial compte aussi sur la prochaine Assemblée générale de l'ONU approche et qui « donnera lieu à beaucoup de consultations entre toutes les parties concernées ». « Je suppose qu'on ne va pas tarder à avoir une date », a-t-il indiqué dans cette interview accordée à nos collègues de la Télévision de l'ONU à Genève.

C'est d'ailleurs, ce qui explique le déménagement de son équipe à Genève pour mieux préparer la Conférence de Genève II sur la Syrie. « Et nous avions prévu de venir ici à peu près de cette période là, début septembre.  Ce n'est pas certain malheureusement que la conférence aura lieu en septembre, mais nous sommes venus pour commencer les préparatifs dans ce sens ».

Dans tous les cas, Lakhdar Brahimi avertit que malgré les derniers développements en Syrie, « il n'y a pas de solution militaire et il ne peut pas y avoir de solution militaire ».  « La poursuite des combats meurtriers et l'utilisation, dont on parle, d'armes chimiques ne font que détériorer davantage la Syrie et la population syrienne  et aggravent les menaces qui pèsent sur la région », avertit-il.

(Interview : Lakhdar Brahimi, Représentant spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie ; propos recueillis par la Télévision de l'ONU-Genève).

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20/10/2014
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