Discrimination raciale : le Comité examine le rapport du Burkina Faso

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Julie Somda-Nigna, Ministre des droits humains et de la promotion civique du Burkina Faso

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale vient d'examiner à Genève le rapport présenté par le Burkina Faso sur les mesures qu’il a prises pour se conformer aux dispositions de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Le rapport a été présenté par la Ministre des droits humains et de la promotion civique du Burkina Faso, Julie Somda-Nigna, qui a souligné que les Burkinabè forment une population pluriethnique et multilingue, comprenant une soixantaine d’ethnies d’importance démographique inégale, réparties à travers tout le territoire.

Mme Somda-Nigna a par ailleurs souligné que des mesures destinées à interdire les incitations à la haine raciale ont été adoptées par le biais du code de l’information et de la loi portant liberté d’association. Outre les dispositions législatives et réglementaires existantes, de bonnes pratiques telles que la «parenté à plaisanterie», les mariages interethniques et interreligieux et l’organisation annuelle de la journée des communautés étrangères vivant au Burkina Faso constituent des mécanismes pour prévenir toute incitation à la haine ou à la discrimination raciale.

Il n’y a eu jusqu’à présent aucun cas de discrimination raciale traité par les juridictions ou l’administration burkinabé, a d’autre part fait observer la ministre.

Elle a toutefois reconnu qu’en dépit des efforts accomplis par le Gouvernement pour mettre en œuvre la Convention, des contraintes et difficultés subsistent.

On constate en effet la persistance de certaines pratiques traditionnelles néfastes telle l’exclusion sociale des femmes accusées de sorcellerie, contre laquelle l’État se bat à travers plusieurs initiatives; l’incrimination de ce phénomène dans le cadre du projet de relecture du code pénal devrait constituer une grande avancée dans cette lutte.

L’importante délégation burkinabè était également composée de représentants des Ministères chargés de la communication, des droits humains, de la justice, de l’éducation, des affaires étrangères, de l’administration territoriale et de la sécurité, de la santé, de la fonction publique. Elle a répondu aux questions soulevées par les membres du Comité s’agissant, notamment, du rôle de la «parenté à plaisanterie»; des fonctions du Médiateur du Faso; de la représentation des groupes ethniques dans la vie socioéconomique et politique; de l’accès des peuples nomades aux services sociaux de base; des conflits entre éleveurs et agriculteurs; du phénomène des castes et autres pratiques traditionnelles; de l’usage de la justice traditionnelle; de la mendicité des enfants garibous; de la lutte contre la traite de personnes; des questions d’éducation et de santé; des questions intéressant l’exploitation des ressources minières, la protection de l’environnement et le respect des droits des populations affectées.

Le rapporteur du Comité pour l’examen du rapport, Kokou Mawuena Ika Kana Ewomsan, a notamment salué les progrès réalisés par le pays sur les plans normatif et institutionnel et a relevé certains problèmes liés, notamment, à l’ascendance, aux pratiques traditionnelles, aux inégalités d’accès à l’éducation, à la traite des enfants ou encore aux enfants mendiants.

Le Comité adoptera des observations finales sur le rapport du Burkina Faso en séance privée avant la clôture de la session, le vendredi 30 août prochain.

(Extrait sonore : Julie Somda-Nigna, Ministre des droits humains et de la promotion civique du Burkina Faso)

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13/12/2017
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