Violences en Égypte : Ban Ki-moon exhorte les forces de sécurité à respecter les droits humains

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s'est entretenu dimanche avec les chefs de diplomatie turque et qatari ainsi qu'avec le Secrétaire général de la Ligue arabe. Avec chacun d’eux, il a partagé sa profonde inquiétude face à la situation en Egypte, et les pertes inacceptables en vies humaines au cours des deux derniers jours.

Ban Ki-moon a souligné la nécessité pour les autorités égyptiennes provisoires d'intensifier rapidement leurs efforts pour lancer un processus politique véritablement inclusif.

Le Secrétaire général a aussi confié à ses interlocuteurs qu’il avait été encouragé par l'appel de tous les dirigeants égyptiens à exhorter leurs partisans à faire preuve de retenue, freiner leur colère et essayer de s’engager dans un processus de réconciliation authentique.

Enfin, il a réitéré l’importance pour les autorités intérimaires de libérer immédiatement Mohammed Morsi et d’autres dirigeants des Frères musulmans, ou des le les juger dans la plus grande transparence.

Samedi déjà le Secrétaire général des Nations Unies avait fermement condamné les violences en Égypte et exhorté les forces de sécurité à respecter les droits humains, notamment les libertés d’expression et de rassemblement, tout en appelant les manifestants à défiler de manière pacifique.

Selon les médias, 72 personnes au moins auraient été tuées samedi et des dizaines d’autres blessées dans une manifestation au Caire.

Ban Ki-moon avait appelé toutes les parties en Égypte à résoudre leurs différends par la voie du dialogue et réitérait son appel pour la mise en place d’un processus de réconciliation inclusif et robuste dans le pays.

“La violence ne peut se substituer à une solution politique”, ajoutait Ban Ki-moon, qui appelait tous les dirigeants égyptiens à mettre l’intérêt du pays au dessus des intérêts partisans. L’ancien Président Mohamed Morsi – déposé par l’armée le 3 juillet- et les autres responsables des Frères musulmans doivent être immédiatement libérés ou être jugés en toute transparence et sans délai, avait conclu Ban Ki-moon.

A noter, par ailleurs, que laHaut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a ajouté dimanche sa voix à la condamnation générale de deux jours de violence en Egypte qui ont conduit au décès de plus de 80 personnes, et qui ont fait des centaines de blessés.  Selon Navi Pillay, l’approche conflictuelle des deux côtés mène à la catastrophe.

Pour la deuxième fois, en un mois, Navi Pillay a appelé à une enquête indépendante, crédible et rapide sur les massacres à grande échelle, dans lesquels les forces de sécurité semblent être fortement impliqués.

(Mise en perspective : Jérôme Longué

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19/12/2014
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