Syrie : le pays est en chute libre, selon Sergio Paulo Pinheiro

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Paulo Pinheiro, Président de la Commission d’enquête sur la Syrie.

L'Assemblée générale des Nations Unies, dans le cadre d'une séance informelle de sa plénière à New York, a entendu ce matin, à New York, un exposé de Paulo Sergio Pinheiro. Le Président de la Commission internationale indépendante chargée d'enquêter sur la situation des droits de l'homme en République arabe syrienne a dressé un bilan macabre des violences, en regrettant l'inaction de la communauté internationale.

Au cours de son exposé, Paulo Sergio Pinheiro a remarqué que les vies de millions de personnes sont bouleversées; que des centaines de milliers d'autres sont déplacées ou réfugiées. En fait, c'est une litanie de morts et de blessés. Il y a des massacres et des tortures sont pratiquées par l'armée régulière mais aussi par les groupes d'opposition. En outre, on constate des violences sexuelles, véritables crimes contre l'humanité.

Tout au long de son intervention, Paulo Sergio Pinheiro, le Président de la Commission d'enquête a procédé à un long réquisitoire contre les exactions commises en Syrie par les deux parties, tant par l'Armée gouvernementale, que par les groupes d'opposition, même si la plupart, a-t-il précisé sont commises par l'Armée syrienne. Le juriste brésilien a regretté les nombreuses entraves rencontrées par les enquêteurs dans leur travail de recueil des preuves et de témoignages.

Tout en soulignant que les allégations de crimes ne sont pas nouvelles, Sergio Pinheiro a déploré que leurs auteurs n'ont pas peur de représailles, ce qui, combiné à l'absence d'action de la communauté internationale, facilite l'impunité. Il a répété à satiété qu'il n'y a pas de solution militaire à ce conflit et que ceux qui recourent à cette rhétorique ne font que préparer l'illusion de la victoire. Et Sergio Pinheiro de lancer une mise en garde : l'extension du conflit, au-delà des terribles conséquences pour les civils, risque d'embraser la région. Aussi, est-il temps pour la communauté internationale d'arrêter de s'indigner et d'agir de façon décisive en trouver une solution diplomatique.

Dans sa réponse, le Représentant permanent de la Syrie, Bashar Ja'afari, après avoir soutenu l'appel du Président de la Commission pour un règlement pacifique de la crise syrienne, a regretté que son pays ait été accusé de rigidité politique et fasse l'objet de discrimination. Il a aussi déploré que la Commission d'enquête exagère systématiquement ses conclusions concernant les exactions commises par l'armée syrienne, en sous-estimant celles perpétrées par les groupes armés terroristes liées à Al-Quada, alors même que ces groupes revendiquent ces attaques sur leurs sites internet.

A noter que de nombreux représentants permanents sont ensuite intervenus.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/04/2014
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