RD Congo : le HCR constate une hausse de la violence sexuelle au Nord-Kivu

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Des personnes déplacées dans l’Est de la RD Congo: le HCR est préoccupé par la hausse des violences sexuelles au Nord-Kivu (Photo: HCR/ F. Noy)

La dernière escalade de la violence dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) fait redouter le pire.  Depuis le début de cette année, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a en effet enregistré 705 cas de violence sexuelle au Nord-Kivu. Sur ces chiffres alarmants, le HCR a répertorié 619 cas de viol. Selon le HCR cette augmentation coïncide avec la résurgence des combats dans l'Est de la RDC.

Comparé à la même période l'année dernière, l'agence onusienne n'avait enregistré que 108 cas. « Cela montre donc que les incidences de viol augmentent et cela coïncide avec la résurgence des combats dans l'Est de la RDC avec les affrontements entre les forces armées congolaises (FARDC) d'une part contre le M23, et d'autre part contre les rebelles ougandais d'ADF », fait remarquer le porte-parole du HCR à Genève.

Selon Fatoumata Lejeune-Kaba, les cas de viol seraient commis par des membres des groupes armés rebelles mais aussi par des membres des FARDC ou des milices armées opérant dans cette région.

Ainsi à chaque fois qu'il y a des combats, les civils sont souvent pris au piège et en paient un lourd tribut. « Et ce que nous disent les civils qui subissent des violences, c'est que très souvent c'est un acte punitif. Quand un groupe soupçonne des civils de supporter l'autre camp, le viol devient punitif », a souligné le porte-parole du HCR.

Les violences sexuelles sont ainsi passées de 4 689 en 2011 à plus de 7 075 en 2012. Le HCR justifie cette augmentation par le fait que d'une part, il y a plus de personnes qui rapportent les cas de violence sexuelle.  « Avant c'était un tabou, maintenant ça le reste toujours mais au moins, les civils arrivent à en parler, surtout pour demander de l'aide psychologique et médicale », a ajouté Fatoumata Lejeune-Kaba.

Mais ces chiffres alarmants « pourraient être sous-estimés, et de très loin, dans la mesure où tout le monde n'arrive pas à dire ce qui s'est réellement passé ».  « Il n'est pas facile de parler de viol  pour les femmes et encore plus pour les hommes » victimes de ces atrocités. Et ces données sont uniquement celles répertoriées par le personnel du HCR sur le terrain.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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16/10/2017
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