OMM : la décennie 2001-2010 marquée par des conditions climatiques extrêmes

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Plus de vagues de chaleurs, plus de pluie, mais surtout plus de décès dans des catastrophes naturelles. Ce rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié ce mercredi 3 juillet à Genève, note que la première décennie du 21e siècle a été marquée par une accélération du réchauffement climatique et la multiplication des conditions climatiques extrêmes qui ont fait au total 370.000 tués. Le document indique que le nombre de victimes de ces vagues de chaleur (Europe 2003 et Russie 2010), ouragans (Katrina aux Etats-Unis) et cyclones (Nargis au Myanmar) est en hausse de 20% par rapport à la décennie précédente (1991-2000).

Selon l'OMM, le monde a connu des phénomènes climatiques extrêmes à fort impact pendant la décennie 2001-2010, la plus chaude qui ait été constatée depuis le début des mesures systématiques, en 1850. Faisant suite à une longue période caractérisée par un réchauffement prononcé du climat, cette décennie a vu plus de records nationaux de température battus que n’importe quelle autre décennie précédente. Il faut s’attendre à ce que « les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses sous l’effet des changements climatiques et nous devons nous y préparer » a averti Michal Jarraud, secrétaire général de l’OMM.

« A l’exception de 2008, chacune des années de la décennie 2001-2010 compte parmi les dix plus chaudes jamais enregistrées, le record étant détenu par 2010 », affirme le rapport. « La décennie se classe au deuxième rang des plus arrosées depuis 2001 et 2010 est l’année la plus pluvieuse qui ait été enregistrée à l’échelle du globe depuis le début des relevés instrumentaux », note l’OMM.

« Le climat s’est nettement réchauffé entre 1917 et 2010 et le rythme décennal d’augmentation des températures sur les périodes 1991-2000 et 2001 -2010 est sans précédent », a commenté Michal Jarraud, le secrétaire général de l’OMM. « Les concentrations croissantes de gaz à effet de serre, dont la spécificité est de piéger la chaleur, sont en train de transformer notre climat, avec les bouleversements que cela suppose pour l’environnement et les océans », a-t-il ajouté.

La température moyenne à la surface des terres émergées et des océans pour la décennie 2001-2010 est estimée à 14,47°C, soit un écart de +0,47°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 et de +0,21°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2000 (avec un facteur d’incertitude de ± 0,1°C). À l’exception de 2008, chacune des années de la décennie 2001-2010 compte parmi les dix plus chaudes jamais enregistrées, le record étant détenu par 2010, qui présente une anomalie positive de la température moyenne de 0,54°C par rapport à la normale calculée pour la période de référence 1961-1990 (14,0°C), suivie de près par 2005. D’après les résultats de l’enquête menée par l’OMM, la décennie 2001-2010 est la plus chaude qu’aient connue près de 94% des pays sondés, et aucun pays n’a signalé une moyenne décennale de la température inférieure à la normale au niveau national.

Par ailleurs, la décennie 2001-2010 se classe au deuxième rang des plus arrosées depuis 1901, et 2010 est l’année la plus pluvieuse qui ait été enregistrée à l’échelle du globe depuis le début des relevés instrumentaux. Les précipitations ont été supérieures à la normale un peu partout dans le monde pendant cette décennie. L’est des États-Unis d'Amérique, le nord et l’est du Canada et de nombreuses régions d’Europe et d’Asie centrale ont connu des précipitations particulièrement abondantes.

Concernant les cyclones tropicaux, à l’échelle du globe, un total de 511 tempêtes a été observé pendant la décennie 2001-2010. Elles ont fait près de 170000 victimes et plus de 250 millions de sinistrés, et provoqué des dommages estimés à 380 milliards de dollars.

(Interview : Omar Baddour, auteur du rapport et Responsable des données climatologiques à l'OMM; propos recueillis par Alpha Diallo)

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29/07/2014
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