Mali : les organismes humanitaires sont toujours sur le qui-vive

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L'avant-bras de cet enfant malien est mesuré pour établir s’il est malnutri (Photo d'archive : OCHA).

Au Mali, le processus de normalisation suit son cours avec notamment la poursuite de la campagne du premier tour de la présidentielle du 28 juillet, censée mettre un terme à la crise que connaît le pays depuis un an et demi.

Mais les humanitaires sont toujours sur le qui-vive. Selon le Bureau de l'ONU de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l'insécurité alimentaire affecte toujours 3,5 millions de personnes et 1,4 million de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire immédiate durant cette période de soudure.

Les besoins alimentaires figurent parmi les priorités identifiées à la suite des évaluations conduites récemment dans le nord et dans la région de Kayes. Or l'insuffisance des financements continue de limiter la capacité des acteurs humanitaires à fournir l'assistance alimentaire. Selon les résultats de deux enquêtes inter agences conduites à Boni (région de Mopti) et dans la région de Kayes, plusieurs ménages retournés ont besoin d’une assistance alimentaire et d’un appui en intrants pour la relance de leurs activités agricoles et pastorales. En outre, des résultats de l'enquête nutritionnelle SMART 2012 soulignaient qu'environ 210.000 enfants de moins de 5 ans sont à risque de malnutrition aiguë sévère (MAS) et 450.000 autres de malnutrition aiguë modérée (MAM) en 2013.

Face à cette situation, les humanitaires poursuivent leurs opérations sur le terrain.  Entre le 1er janvier et le 16 juin, 97 638 enfants de moins de 5 ans ont été admis en unité de réhabilitation nutritionnelle (UREN) au niveau national (régions du sud 81 258 et régions du nord 16 380). Du côté du Programme alimentaire mondial (PAM), les distributions des vivres pour le mois de juillet 2013 sont en cours. L'agence basée à Rome continue de recevoir les rapports des distributions effectuées en juin qui ciblaient 520.000 bénéficiaires.

Par ailleurs, la tendance accrue au retour des personnes déplacées internes (PDI) observée depuis le mois de mai continue. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté qu'au 30 mai, 31.384 personnes ont déclaré retourner dans leur région d'origine. Pour le mois de mai seulement, 8 970 personnes ont déclaré retourner vivre dans le nord. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), 580 réfugiés maliens sont retournés au nord entre le 8 mai et le 16 juin. Les retours n'ont pas un caractère massif malgré l'augmentation du nombre.

Dans son dernier rapport de situation en date du 5 juillet, OCHA rappelle que le cluster protection a rapporté une augmentation des cas de violences basées sur le genre (VBG) à Gao et à Mopti. Malgré les efforts fournis par les autorités et les acteurs humanitaires, l'accès aux services sociaux de base telles que la santé et l'éducation reste un défi dans le nord

La crise au nord du Mali a causé le déplacement de 353 455 personnes à l'intérieur du pays selon le rapport publié par la Commission Mouvement de Populations le 20 juin. A ce jour, le HCR estime à 174 394 le nombre de réfugiés dans les pays voisins.

Le montant de l'appel de fonds humanitaire (CAP) pour le Mali de 2013 est passé de 410 millions de dollars à 476 millions de dollars à la suite de la révision à mi-parcours. Cette revue à la hausse est due principalement à l'augmentation du nombre des personnes ayant besoin d'une assistance alimentaire et en protection.

(Extrait sonore : Katy Thiam, porte-parole du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires au Mali ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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31/10/2014
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