Israël : Navi Pillay demande à Israël de revoir le projet de loi sur les déplacements de milliers de Bédouins

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Une femme bédouine et son fils devant leur maison démolie à Atir (Photo d'archive : IRIN / S. Gold).

La Chef des droits de l'homme de l'ONU demande à Israël de revoir un projet de loi sur les déplacements des Bédouins. S'il est adopté, ce texte prévoit le déménagement forcé de 30.000 à 40.000 bédouins, la démolition de 35 villages et la confiscation de plus de 700.000 dounams (70.000 hectares) de terres dans le désert du Néguev. Des  déplacements forcés qui vont porter atteinte à des dizaines de villages et des dizaines de milliers de Bédouins qui vont être dépossédés de leurs propriétés et de leur droits historiques sur leurs terres.

« En tant que citoyens d’Israël, les Bédouins arabes ont droit aux mêmes droits de propriété, au logement et aux services publics comme tout autre citoyen d'Israël », a déclaré Navi Pillay dans un communiqué rendu public ce jeudi 25 juillet à Genève. La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme demande donc la remise à plat et le réexamen de ce projet de Loi. « Un processus consultatif et participatif doit être mis en place pour que les représentants de la communauté bédouine puissent être consultés et qu'on aboutisse à une solution négociée », fait remarquer Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat.

Une commission interministérielle israélienne avait approuvé le  lundi 6 mai dernier ce projet de loi qui a été finalement approuvé en juin en première lecture par le Parlement israélien. Il doit être encore examiné par le Parlement en trois lectures avant d’être appliqué.

A ce jour, sur les 180.000 bédouins qui vivent dans le Néguev, près de 100.000 ont rejoint les sept nouvelles agglomérations officielles. Mais pour le Haut Commissariat, de nombreux villages ne sont pas encore reconnus. Autre sources de préoccupation pour les services de Navi Pillay, le fait que les titres fonciers traditionnels dont disposent les Bédouins ne soient pas en effet reconnus. « Ce que propose le projet de loi, ce sont des compensations à la fois limitées et inadéquates à la condition que les personnes qui souhaitent recevoir ces compensations acceptent de déménager dans l'une des sept agglomérations officielles mises en place par le gouvernement israélien », souligne Cécile Pouilly.

«Le gouvernement doit reconnaître et respecter les droits spécifiques des communautés bédouines, y compris la reconnaissance des revendications des Bédouins sur leurs droits de propriété », avance Navi Pillay dans le communiqué rendu public.

Lors de sa visite en Israël il y a deux ans, Navi Pillay avait d'ailleurs mentionné son opposition aux démolitions répétées de villages de Bédouins et elle avait demandé la fin de cette « politique discriminatoire » de déplacements forcés menés par Israël contre ces propres citoyens arabes.

Quelque 160.000 bédouins vivent en Israël, la plupart dans ou aux alentours du désert du Néguev. Plus de la moitié habitent dans des villages non reconnus et sans services publics.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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31/07/2014
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