Guinée : Navi Pillay préoccupée par les violences interethniques de Nzérékoré

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La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay (Photo: J. M. Ferré)

La Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est vivement préoccupée des récentes violences inter-communautaires dans le sud de la Guinée. Ces affrontements ont entraîné la mort d’au moins 57 personnes, dont trois ont été décapitées à coups de machettes, d’autres tuées à la machette ou brûlées vives. Outre d'importants dégâts matériels, plus de 163 personnes ont été blessées et des centaines d’autres ont été déplacées et ont trouvé refuge dans des camps militaires à N’Zérékoré et Beyla.

Les services de Navi Pillay font état tout de même d'un retour au calme depuis mercredi dernier. « Le calme semble avoir été restauré. Les forces de sécurité et de défense qui ont été déployés pour rétablir l’ordre, avec l’aide de troupes supplémentaires dans les préfectures voisines de Macenta et Guéckédou, continuent de patrouiller la région de N’Zérékoré » a déclaré le porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Rupert Colville, lors d'un point de presse ce vendredi à Genève.

Ces affrontements, qui ont éclaté lundi 15 juillet à Nzérékoré dans l’extrême sud-est de la Guinée, ont opposé les autochtones guerzés et allogènes koniakés d’origine mandingue.

Tout est parti d’une arrestation musclée de trois jeunes Koniakés, pris pour des voleurs par les gardiens de nuit d'une station-service dans la localité de Koulé. Ils les ont ligotés avant de les passer à tabac. Deux des jeunes ont ainsi trouvé la mort quelques heures plus tard à l'hôpital de Nzérékoré. L’affaire a finalement mis le feu aux poudres.

Un déchaînement de violences à coups de machettes, de bâtons et d’armes à feu s’en était suivi à Koulé, puis à N’Zérékoré et Beyla, trois villes distantes de plusieurs dizaines de km. Des violences qui n'ont pas épargné les biens des particuliers mais aussi les lieux de culte.

Dans une déclaration à la nation mardi 16 juillet dernier, le président guinéen Alpha Condé avait appelé les populations au calme et affirmé que « toutes les dispositions » avaient été prises pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.

Le Secrétaire général de l'ONU a aussi appelé, hier jeudi 18 juillet, au calme et exhorté les Guinéens à s’abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte à la coexistence pacifique entre les communautés et aux droits de l’homme. Il a invité les dirigeants nationaux et communautaires à garantir la sécurité des personnes et des biens, à faire respecter l’état de droit et à poursuivre la voie du dialogue en vue de résoudre tout problème entre les communautés en Guinée.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/08/2014
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