Esclavage : pour Françoise Vergès, la France a tout à gagner à assumer son histoire et son héritage

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À l'occasion, le 25 mars, de la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, et des différents événements organisés, notamment à New York, le Secrétaire général de l'ONU a souligné dans un message, l'obligation pour les peuples du monde de ne jamais oublier ce crime mondial contre l'humanité. Ban Ki-moon a engagé tout un chacun à honorer les millions de victimes et à leur rendre leur dignité, et à redoubler d'efforts en vue d'éliminer les séquelles de l'esclavage qui persistent dans le monde.

Des propos que partage pleinement l'universitaire Françoise Vergès, qui a présidé jusqu'à une époque récente le Comité français pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage et qui, en tant qu'experte chargée de mission pour le Mémorial de l'abolition de l'esclavage de Nantes, dans l'ouest de la France, a contribué à ce que cette histoire trop longtemps occultée ou méconnue soit enfin apprise non seulement aux élèves, mais à toute la population.

Ainsi, Françoise Vergès souhaite que la France regarde enfin son histoire dans les yeux, intègre les différentes facettes de l'histoire de l'esclavage. Il importe que les Français eux-mêmes prennent conscience de la déportation de près de 13 millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Selon elle, une telle mémoire assumée, permettrait de mieux comprendre l'histoire d'une France prise dans son ensemble, incluant tous ses territoires, hexagonaux et d'outre-mer, mais aussi de mieux appréhender les défis à relever.

(Interview : Françoise Vergès, Universitaire, écrivain, politologue, Présidente du Comité français pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage de 2008 à 2012; propos recueillis par Jérôme Longué)

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31/07/2014
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