CEDAW : la RDC justifie la prévalence des violences sexuelles par la guerre dans l'Est du pays

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Dans l'est de la RDC, les femmes sont plus exposées au risque d'être agressées par des membres des groupes armés (Photo d'archive : IRIN/ K.Holt).

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) a examiné, ce jeudi 11 juillet à Genève, les sixième et septième rapports de la République démocratique du Congo. Au cours des débats, des experts ont parfois fustigé l'impunité des auteurs de violences sexuelles en RDC, tout en appelant à la mise en place d'un mécanisme pour la reddition de compte des membres de l'armée nationale.

Mais du côté de Kinshasa, l'axe de défense a été de montrer que les problèmes de droits humains et de violences sexuelles du pays sont tous liés à la guerre, d'où « la nécessité incontournable de mettre immédiatement fin » au conflit.

La Ministre de la justice et droits humains de la République démocratique du Congo a d'abord souligné que le contexte actuel et continu de guerres et d'atrocités en RDC, particulièrement dans sa partie orientale, a plongé le pays dans une crise multiforme caractérisée par des millions de morts, des déplacements forcés des populations, de graves violations des droits de l'homme, l'effondrement de l'administration publique, la destruction des infrastructures socioéconomiques de base et la propagation du VIH/sida.

Selon Winine Mumba Matipa, les efforts entrepris par les institutions nationales avec l'aide de la communauté internationale pour la pacification du pays et la consolidation de la paix ont démontré l'importance de la prise en compte du genre tant dans la prévention que dans la résolution des conflits et la gestion de la période post-conflit, a déclaré la Ministre.

Cependant Winine Mumba Matipa a reconnu que le problème de la violence est aigu en RDC, ajoutant qu'il trouve son origine dans l'instrumentalisation de la femme comme arme de guerre. Elle a réaffirmé que la position du Gouvernement était claire et ferme : la fin de la guerre et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire est la condition sine qua non d'éradication de ces actes, qui ont été érigés en infractions criminelles par la loi sur les violences sexuelles lors de la modification du code pénal.

La politique de lutte contre la violence à l'égard des femmes s'articule notamment autour de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, du Comité de pilotage de mise en œuvre de la résolution 1325, des Comités techniques national, provinciaux et locaux conjoints de lutte contre les violences sexuelles et du le Fonds national pour la promotion de la femme et la protection de l’enfant.  La politique est axée sur la lutte contre toutes les formes d'impunité, l'appui aux réformes dans le secteur public de l'armée nationale, de la police, des services de justice et de la sécurité.

En conclusion et nonobstant les multiples contraintes que rencontre le pays en raison de la précarité de la situation économique et sécuritaire, la Ministre a déclaré que le Gouvernement avait placé la lutte contre toutes les formes de discrimination à l'égard de la femme parmi les priorités de son action.  Winine Mumba Matipa a conclu en se félicitant de la récente accession de quatre femmes au grade de général dans l'armée et la police, des faits sans précédent en RDC.

(Extrait sonore : Winine Mumba Matipa, Ministre de la justice et droits humains de la République démocratique du Congo)

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01/09/2014
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