Afghanistan: le CEDAW dénonce la violence faite aux femmes

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Des femmes afghanes (Photo d’archive: Parwin-Faiz / IRIN).

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a rendu public, ce lundi 29 juillet, les observations finales de sa cinquante-cinquième session qui s'est tenue du 8 au 26 juillet à Genève. Le Comité a dénoncé le niveau toujours élevé des violences infligées aux femmes en Afghanistan et a demandé aux autorités de mettre fin à l’impunité des coupables.

Malgré certaines avancées du point de vue légal, le Comité de l'ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes fait part de sa « profonde préoccupation face au niveau élevé de violence faite aux femmes en Afghanistan. Outre  la violence domestique, les viols, la lacération ou la lapidation, le rapport dénonce aussi les mariages forcés et le fait que certaines femmes victimes de violences se voient obligées à s’auto-immoler. Le rapport déplore surtout l’impunité dont jouissent les coupables et le fait que certains proches empêchent les victimes de porter plainte.

Selon la Présidente du Comité, « l’Afghanistan présente un concentré de violences qui sont pour la plupart liées à des systèmes patriarcaux, ancestraux et qui sont d’autant plus exacerbées qu’elles interviennent dans des zones qui ne sont pas forcément sous le contrôle direct de l’Etat ».

Lors d’une conférence de presse tenue à Genève, Nicole Ameline a également critiqué la très faible représentation des femmes sur le plan politique, en particulier au sein du Haut conseil de paix, une instance créée par le président afghan Hamid Karzaï pour tenter de négocier avec les insurgés alors que le retrait de la force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf) est prévu pour fin 2014.

Le Comité a lancé un appel à la communauté internationale pour créer un mécanisme de suivi en Afghanistan pour aider les autorités à consolider et développer le socle légal protégeant les droits des femmes. « C'est un devoir pour la communauté internationale » a ajouté Nicole Ameline. « Si nous ne réussissons pas à préserver les droits des femmes après avoir consacré tant d’énergie, tant de moyens, tant de soutien sous toutes les formes dans ce pays, ce serait un échec pour la communauté internationale », a insisté l'experte française.

Lors de l’élaboration du rapport, le Comité a rencontré des représentants des autorités afghanes. A cette occasion, Kaboul aurait pris des engagements sur la non-négociabilité des droits des femmes.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Nicole Ameline, Présidente du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes)

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19/12/2014
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