Syrie : la guerre a fait plus de 93.000 morts, selon le bureau de Navi Pillay

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Des combattants rebelles de la brigade Liwa Al-Fatah, qui fait partie de l'Armée syrienne libre (ASL), priant près de la base aérienne de Menagh, à Alep (Photo: Contributor/IRIN).

Plus de 93.000 personnes, dont au moins 6.500 enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre civile en Syrie en mars 2011, a annoncé l’ONU ce jeudi à Genève, dans un rapport soulignant une forte augmentation du nombre de morts chaque mois. Cette dernière mise à jour menée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme note que la très grande majorité des cas documentés sont des hommes, mais il a été impossible d'établir une distinction entre combattants et civils.

« J’exhorte les parties à déclarer un cessez-le-feu immédiat, avant que des dizaines de milliers de personnes soient encore tuées ou blessées », a déclaré la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay.

« Les tueries incessantes se poursuivent à des niveaux outrageusement élevés, avec plus de 5.000 décès documentés chaque mois depuis juillet et 27.000 décès supplémentaires depuis le 1er décembre », a-t-elle précisé, soulignant que le nombre réel de personnes tuées pourrait être beaucoup plus élevé.

« Ce chiffre extrêmement élevé de meurtres, mois après mois, est le reflet de la nette détérioration du conflit au cours de l'année écoulée », a déclaré Navi Pillay. « Comme l'indique clairement le dernier rapport de la Commission d'enquête sur la Syrie, ce sont les civils qui sont les plus touchés par les attaques généralisées, violentes et souvent indiscriminées qui dévastent des pans entiers de grandes villes et les villages périphériques. Les forces gouvernementales bombardent et mènent tous les jours des attaques aériennes sur des zones urbaines ; elles utilisent aussi des missiles stratégiques, des bombes à fragmentation et thermonucléaires. Les forces de l'opposition ont également bombardé des zones résidentielles, mais en utilisant moins de puissance de feu et il y a eu plusieurs bombes faisant des victimes au centre des villes, en particulier à Damas. »

Selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU, le plus grand nombre de décès documentés a été enregistré dans les régions de la périphérie rurale de Damas (17.800) et de Homs (16.400), suivi des régions d’Alep (11.900), d’Idlib (10.300), de Deraa (8.600), de Hama (8.100), de Damas (6.400) et de Deir Ezzor (5.700).

L’âge des victimes ne figure pas dans environ trois quarts des décès signalés. Mais l’ONU a réussi à documenter les décès d’au moins 6.561 mineurs, dont au moins 1.729 enfants de moins de dix ans. « Il y a aussi eu des cas bien étayés d'enfants torturés et exécutés, mais aussi de familles entières, y compris les bébés, massacrées. Ces cas et le bilan très élevé de décès sont un terrible rappel du tour particulièrement vicieux qu’a pris le conflit. », fait remarquer Navi Pillay

Cette dernière étude  sur la Syrie – qui est une mise à jour d’une précédente ayant permis de compiler quelque 60.000 décès documentés jusqu’au 30 novembre 2012 – a été réalisée en utilisant une liste combinée de 263.055 décès signalés et identifiés de façon complète, avec les noms des victimes ainsi que les dates et les lieux des décès.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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22/04/2014
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