Syrie: au moins 93000 morts en deux ans, selon l’ONU

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Une réfugiée syrienne dans le Kurdistan iraquien. Plus de 1700 enfants de moins de dix ans ont été tués depuis le début du conflit en Syrie (Photo: IRIN/J. Hilton).

Le conflit en Syrie a fait de mars 2011 à fin avril 2013 au moins 93.000 morts, selon un nouveau bilan publié ce jeudi à Genève par le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Plus de 5000 décès ont lieu chaque mois, commis par le gouvernement ou l’opposition. « Les tueries incessantes se poursuivent à des niveaux scandaleusement élevés, avec plus de 27.000 décès depuis le 1er décembre », a déclaré la Chef des droits de l'homme des Nations Unies. Navi Pillay a ajouté que ce chiffre est probablement une sous-estimation du nombre de victimes.

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La tragédie syrienne continue de se conjuguer en chiffres, sans donner une véritable identité à ce que la Chef des droits de l'homme de l'ONU qualifie de conflit honteux et vicieux. Et derrière ce drame, se cache désormais la mort de plus de 93.000 personnes, dont au moins 6.500 enfants, depuis le début de la guerre civile en Syrie en mars 2011. Mais le nombre réel de victimes du conflit est vraisemblablement plus élevé surtout que depuis juillet 2012, plus de 5000 morts ont été répertoriés chaque mois. La très grande majorité des victimes documentées par l’ONU sont des hommes, mais les experts n’ont pas réussi à établir une distinction entre combattants et civils. Il y a aussi eu des cas bien étayés d’enfants torturés et exécutés, mais aussi de familles entières, y compris les bébés, massacrées.

Le plus grand nombre de décès documentés a eu lieu dans les gouvernorats de la périphérie rurale de Damas (17’800), Homs (16’400), Alep (11’900) et Idlib (10’300), suivis de Daraa (8600), Hama (8100), Damas (6400) et Deir ez-Zor (5700). Depuis novembre, les plus fortes augmentations ont été enregistrées dans la périphérie rurale de Damas et à Alep.

« Ce chiffre extrêmement élevé de meurtres, mois après mois, est le reflet de la nette détérioration du conflit », a déploré la Haut Commissaire Navi Pillay, non sans rappeler que personne ne gagne quoi que ce soit à ce carnage insensé. Tout en invitant les Etats influents à agir collectivement, la Chef des droits de l'homme de l'ONU exhorte aussi les belligérants à déclarer un cessez-le-feu immédiat, « avant que des dizaines de milliers de personnes soient encore tuées ou blessées » en Syrie.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de  Navi Pillay, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme)

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26/12/2014
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