Palestine : l'OIT demande à Israël de lever toutes les restrictions sur l’économie palestinienne

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Une femme travaillant dans le secteur informel dans les Territoires occupés de Palestine : l'OIT demande à Israël de lever toutes les restrictions sur l’économie palestinienne (photo d'archives : BIT)

Israël doit lever complètement les restrictions imposées aux particuliers et aux entreprises palestiniennes pour permettre à l’économie palestinienne de croître et de créer des emplois, souligne le rapport annuel de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur la situation des travailleurs des territoires arabes occupés. Selon ce document, la dynamique de croissance marque un arrêt et la crise budgétaire se transforme en crise économique et sociale. Les territoires palestiniens sont grevés par une croissance stagnante, un chômage en hausse et la dépendance alimentaire, note le rapport établi chaque année depuis 1980 à la demande de l’OIT.

Le rapport note que la crise résulte de plusieurs facteurs, y compris l'incapacité chronique des donateurs à tenir leurs engagements, la décision d'Israël de suspendre, au moins de façon temporaire, le versement des recettes fiscales, ainsi que le rythme d'expansion des colonies.

«La situation exige qu'Israël agisse, pas seulement pour assouplir l'application des restrictions imposées aux particuliers et aux entreprises mais pour les lever complètement, permettant ainsi à l'économie palestinienne de croître et de créer des emplois décents», écrit le Directeur général de l'OIT, Guy Ryder, dans la préface du rapport. «La poursuite de l'occupation et de l'expansion des colonies empêche l'économie palestinienne, surtout son secteur privé, de progresser véritablement», ajoute-t-il. La situation actuelle restera intenable tant que sera ignorée la justice sociale.

Le rapport souligne que la situation n'est pas tenable et qu'aucun statu quo n'est envisageable. Il conclut que «tout effort pour maintenir ce qui peut être perçu comme un statu quo favorise en effet, ou du moins autorise, une dangereuse dégradation plus avant de la situation».  L'économie palestinienne est grevée par une croissance stagnante, un chômage en hausse, la pauvreté et la dépendance alimentaire.

Le nombre de chômeurs palestiniens a augmenté de 15,3 pour cent entre 2011 et 2012, avec un taux de chômage qui atteint 23 pour cent. La situation est particulièrement grave à Gaza où le chômage a grimpé à 31 pour cent et avoisine les 50 pour cent parmi les femmes. Chez les jeunes Palestiniens, 18,4 pour cent ne sont ni au travail ni en formation et c'est le cas de 31,4 pour cent des jeunes femmes. Ces chiffres inquiétants soulignent le besoin criant de développer des programmes à grande échelle pour favoriser la transition de l'école au travail, comme une garantie pour l'emploi des jeunes.

Les restrictions excessives, qui sont improductives sur le plan économique et social, nuisent aux affaires des Palestiniens comme à celles des Israéliens et à toute perspective de développement de la croissance grâce au secteur privé. «Les entraves à la circulation, à l'emploi et à l'activité économique doivent être assouplies de manière transparente et permanente afin de multiplier les possibilités d'emploi décent dans des conditions d'égalité», précise le rapport.

Le rapport érige aussi la sécurité sociale et l'établissement d'un socle de protection sociale au rang de nouvelles priorités pour la Palestine. Enfin, il préconise de faire tous les efforts pour remédier aux difficultés que continuent de subir les citoyens syriens dans le Golan syrien occupé en trouvant une solution respectueuse des principes et droits fondamentaux au travail. Les divisions qui caractérisent le conflit en Syrie touchent aussi les citoyens syriens qui vivent sous l'occupation et dont les perspectives et les moyens de subsistance ne sont pas améliorés.

(Interview : Kari Tapiola, Conseiller spécial du Directeur général de l'OIT ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/10/2014
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