Ouganda : les conséquences de la faim coutent près de 900 millions de dollars par an au gouvernement

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L'Ouganda perd 899 millions de dollars par an – ce qui représente 5,6% de son produit intérieur brut (PIB) – en raison des effets de la malnutrition. C’est le constat alarmant d’une nouvelle étude intitulée « Le coût de la faim en Afrique » publié mardi 18 juin en Ouganda.

L’étude a été menée par le gouvernement de l’Ouganda avec le soutien de la Commission de l’Union africaine dont le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et le Programme alimentaire mondial (PAM). Ce rapport souligne que la malnutrition n’est pas seulement une question de santé, mais aussi d’ordre économique.

En utilisant les données de 2009, l’étude a mesuré les pertes pour l’économie ougandaise causées par la malnutrition des enfants, en particulier les effets de la malnutrition chronique ou retard de croissance.

L’étude a révélé que traitement de la diarrhée, l’anémie, les infections respiratoires et d’autres conditions cliniques liées à la malnutrition coûtent 254 millions de dollars à l'Ouganda. Les pertes de productivité ont atteint 201 millions de dollars dans les secteurs manuels, tels que l’agriculture, et 116 millions de dollars dans les activités non-manuels.

Dans le secteur de l’éducation, l’étude estime que 7% de toutes les répétitions à l’école sont associés à des retards de croissance. Cela représente 134.000 répétitions pour un coût estimé à 9,5 millions de dollars pour le gouvernement et les familles. L’étude a également estimé que la mortalité infantile liée à la malnutrition réduit la main-d’œuvre de l’Ouganda de 3,8%. Cela représente plus de 943 millions d'heures de travail perdues en raison d’une main-d’œuvre absente ; perte provoquée par des décès prématurés.

L’Ouganda a été le premier pays du continent à réaliser le coût de la faim dans l’étude de l’Afrique. Les résultats des trois autres pays pilotes seront lancés en Egypte le 20 juin, en Ethiopie le 24 juin et au Swaziland en juillet. La recherche est menée dans 12 pays africains, à l’aide d’une méthodologie appliquée à l’origine en Amérique latine, avec l’appui du PAM. Les 11 autres pays sont: le Kenya, le Rwanda, l’Ethiopie, l’Egypte, le Burkina Faso, le Cameroun, le Malawi, le Botswana, le Ghana, le Swaziland et la Mauritanie.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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