ONU : ouverture à la signature du premier traité global sur le commerce des armes conventionnelles

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Le premier traité international réglementant le commerce mondial des armes a été ouvert à la signature au Siège de l’Organisation des Nations Unies, lundi matin, après des décennies de pression pour stopper les transferts illicites d’armes comme les missiles, les avions de combat et les hélicoptères d’attaque.

Approuvé il y a deux mois par l'Assemblée générale des Nations Unies, par 154 voix pour, trois contre, celles de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), de l’Iran et de la Syrie, alors que 23 États Membres s'étaient abstenus, le traité, selon le Bureau des affaires des Nations Unies pour le désarmement (UNODA), “favorisera la paix et la sécurité en mettant un terme à la circulation des armes déstabilisantes pour les régions en conflit.”

“Le traité permettra d’empêcher ceux qui violent les droits de l’homme et les lois de la guerre de recevoir des armes. De même, les seigneurs de guerre, les pirates et les gangs ne pourront acquérir ces outils mortels », fait valoir l'UNODA.

Angela Kane, la Haut Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, a ouvert un événement spécial lundi matin, en disant qu'aujourd'hui s’ouvre “un nouveau chapitre dans lequel les États signeront un contrat international qui garantit la responsabilité et la transparence en matière de commerce mondial des armes.” Même si le traité n'est “pas parfait”, a-t-elle déclaré, il est certainement «robuste». Une trentaine de pays devaient participer à différentes manifestations organisées aujourd’hui, dont le point d'orgue est un segment ministériel ouvert en début d'après-midi par le Secrétaire général Ban Ki-Moon. Ce dernier a fait valoir que le traité fournira un moyen de dissuasion efficace contre la circulation des armes excessives et déstabilisatrices, en particulier dans les régions sujettes aux conflits. Selon lui, il sera plus difficile pour les armes d’être détournées vers le marché illicite, d'être employées par les seigneurs de guerre, les pirates, les terroristes et les criminels ou d’être utilisées pour commettre de graves atteintes ou violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

Ce traité va aussi permettre à l’ONU de mieux s’acquitter de ses mandats, en particulier en matière d’assistance humanitaire, de maintien et de consolidation de la paix. Enfin, le Traité facilitera l’application des embargos sur les armes du Conseil et aidera à promouvoir le développement social et économique.

Le traité entrera en vigueur quatre-vingt-dix jours après sa signature par cinquante États. Bien qu’il ne contrôle pas l’utilisation des armes par les particuliers, une fois ratifié, le Traité permettra de coordonner les réglementations nationales en vue de contrôler le transfert d’armes classiques et réglementer, entre autres, les activités des courtiers en armes.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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19/12/2014
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