Navi Pillay : « Le magnifique édifice des droits de l'homme n'est encore qu'à moitié érigé »

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Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré que des avancées significatives ont eu lieu depuis l'adoption d'un document historique en matière de droits de l'homme il y a 20 ans à Vienne en 1993. Il s'agit de la déclaration et du Plan d'action de Vienne (DPAV); Navi Pillay estime -cependant- que de nombreux revers étaient aussi survenus.

« Le magnifique édifice n'est encore qu'à moitié érigé », a-t-elle ajouté. Navi Pillay s'exprimait aujourd'hui à l'occasion de la tenue de la Conférence de Vienne +20. Celle-ci se tient vingt ans après celle de 1993.

« Il y a vingt ans de cela, des tireurs embusqués tiraient sur des enfants dans les rues de Sarajevo, la guerre en Bosnie-Herzégovine avait eu lieu à moins d'une journée de route des salles de réunion où se déroulait la conférence de Vienne de 1993. Aujourd'hui, à une distance à peine plus grande, des enfants, des femmes et des hommes syriens hurlent de douleur et nous supplient de leur venir en aide, mais une fois encore, nous ne sommes pas à la hauteur ». Ce propos de Navi Pillay à la Conférence de Vienne +20 qui se tient actuellement en Autriche, illustre judicieusement les défis d'il y a vingt ans et ceux d'aujourd'hui.

Navi Pillay n'a pas manqué d'énumérer les avancées de ces 20 dernières années et de souligner que la Déclaration et le plan d'action de Vienne avaient cristallisé le principe en vertu duquel les droits de l'homme sont universels, indivisibles, interdépendants et liés entre eux.

Depuis vingt ans, de nombreux progrès ont été réalisés; des accords historiques ont été conclus et les Cour pénales internationales ont été créées, Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme estime, toutefois, que la tâche est loin d'être achevée. Elle prend la communauté internationale à témoin et l’exhorte à admettre que dans de nombreux domaines, « nous avons tout simplement échoué à continuer à construire sur les fondations établies par la DPAV ».

La promesse et source d'inspiration qui ouvre la Déclaration universelle – que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits – n'est encore qu'un rêve pour de trop nombreuses personnes, a-t-elle soutenue.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro, avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme)

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23/04/2014
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