Mali : la situation des droits de l’homme reste “précaire” dans le nord (Flavia Pansieri)

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Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme de l’ONU (Photo: ONU/Jean-Marc Ferré).

La situation des droits de l'homme reste précaire dans le Nord du pays, caractérisée notamment par « des atteintes au droit à la vie, des disparitions forcées et des cas de torture, d’arrestations et de détentions arbitraires ». Présentant son rapport annuel, ce mercredi à Genève, devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme a attribué ces violations aux groupes armés. Il point ainsi du doigt le mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), Ansar Dine et le mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), ainsi qu'à des éléments de l'armée malienne.

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La précarité de la situation des droits humains au Mali se manifeste par des cas d'exécutions extrajudiciaires, de violence fondée sur l'ethnie, de disparitions forcées, d'arrestations arbitraires et d'actes de torture imputables aux groupes armés qui occupaient le Nord du pays.

Devant le Conseil des droits de l'homme, la Haut-Commissaire adjointe a également dénoncé les exécutions sommaires commises par des soldats maliens. Si la violence des Forces armées maliennes contre les populations arabes et touaregs a diminué depuis la mi-mars, Flavia Pansieri redoute toujours le risque de représailles et la persistance des tensions intercommunautaires. Des tensions impliquant entre autres les Songhays, les Peulhs, les Arabes et les Touaregs.

Flavia Pansieri évoque en outre les violences sexuelles commises par les membres de groupes armées, principalement du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA). Il y a aussi des allégations de cas de mariages forcés avec des membres des groupes armés, à Gao et à Tombouctou. Par ailleurs, des rapports font état du recrutement d'enfants-soldats par les groupes armés du Nord.

Ces nombreuses et graves violations perpétrées depuis janvier 2012 sont « les conséquences d’une impunité cyclique qui s’inscrit dans une longue tradition de violence et de crimes commis durant plus de 20 ans de périodes de conflit dans le pays », assure-t-elle.

Face à ces allégations, le Haut Commissariat rappelle depuis la présentation de son dernier rapport, les autorités maliennes ont pris un certain nombre de mesures visant à lutter contre l'impunité et à engager des poursuites contre les auteurs présumés de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. « Il est important que la communauté internationale soutienne ces efforts afin de permettre au pays de répondre aux nombreux défis liés à la sécurité, à la restauration de l'Etat de droit et de l'autorité de l'Etat dans le Nord, à la reconstruction démocratique et économique ainsi qu'au respect des droits de l'homme », conclut le rapport du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme)

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26/11/2014
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