Mali : la France continuera à jouer un rôle en appui de la force des Nations Unies

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Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies (Photo : ONU/Eskinder Debebe)

On trouvera ci-dessous, une partie des remarques à la presse faites le mardi 25 juin 2013 par Gérard Araud, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, à la suite de la réunion du Conseil de sécurité sur le Mali.

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Le Conseil de sécurité a tenu ce matin les consultations sur la situation au Mali comme il était prévu dans la résolution 2100. Je crois que ces consultations ont justifié pleinement la politique qui a été menée par la France. Elles confirment en effet que rien ne s'oppose aujourd'hui au déploiement de la MINUSMA, la force de stabilisation des Nations unies qui prendra le relais des forces françaises et africaines au 1er juillet.

En effet, tout d'abord l'intégrité territoriale du Mali a été rétablie, les conditions de sécurité sont satisfaisantes, aucune attaque d'envergure n'est à signaler contre les forces armées maliennes ou celles de la MISMA. Mais surtout, le plus important, ce dont certains pouvaient douter, le processus politique connaît une évolution très positive, qui était, nous l'avons toujours dit, indispensable à la normalisation complète de la situation dans le pays.

L'accord de Ouagadougou qui a été signé le 18 juin 2013, permet le déploiement de l'administration et de l'armée malienne sur la totalité du territoire, ce qui va permettre l'organisation des élections sur la totalité du territoire malien le 28 juillet, nous l'espérons.

Les soldats français de leur côté ont commencé à se désengager. Il y a actuellement un palier dans ce désengagement pour faciliter la mise en place de la MINUSMA, mais le retrait de l'armée française se poursuivra à partir de la fin de l'été et le Président de la République a donné pour objectif la présence de mille soldats français sur le sol malien à la fin 2013. Enfin, je peux vous confirmer que nous continuerons à jouer un rôle en appui de la force des Nations unies. Un arrangement technique définissant les conditions de cet appui est en cours de discussion et de finalisation avec le Secrétariat.

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Il suffit de lire le mandat de la force, qui est très simple. C'est une force de stabilisation et de sécurisation du pays, un mandat tout à fait traditionnel pour les Nations unies.

En ce qui concerne le soutien que l'armée française apportera aux forces des Nations unies, nous sommes en train de négocier un accord technique. Nous interviendrons si la force des Nations unies, qui sera une force importante, 12000 hommes, ne peut pas faire face à un danger particulier. La France interviendra avec les moyens dont elle dispose, sur le théâtre et éventuellement ailleurs car elle a prouvé qu'elle pouvait amener rapidement des soldats sur le terrain.

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L'accord de Ouagadougou a été signé le 18 juin, donc nous sommes dans les dix premiers jours de sa mise en oeuvre et pour l'instant il n'y a pas eu d'incident majeur. Les soldats maliens sont arrivés à Kidal, l'administration malienne se déploie, pour le moment tout se passe relativement bien. Ce n'était pas gagné, nous connaissons tous les tensions, rancœurs et désirs de revanche de certains.

C'est exact que les élections seront techniquement difficiles à mettre en œuvre. Vous avez cité le problème des personnes déplacées, il faut s'assurer qu'elles puissent voter, mais il y a aussi le problème des nouveaux électeurs.

Les Nations unies apportent déjà un soutien à la préparation de ces élections, notamment par le transport des moyens nécessaires pour les élections tels que les cartes d'identité mais également tout le matériel électoral. La MINUSMA assurera également une partie de la sécurité pendant les élections. Je crois qu'il est important de tout faire pour qu'elles aient lieu le 28 juillet. Nous n'avons pas atteint le stade où la question d'un report se poserait.

Nous pensons que nous avons besoin d'élections crédibles, aussitôt que possible, afin qu'il y ait un pouvoir légitime à Bamako avec lequel la communauté internationale puisse travailler. Nous pensons que la faiblesse du pouvoir à Bamako est un des problèmes auxquels nous faisons face. Mais de nouveau, ces élections doivent être évidemment crédibles.

(Extraits sonores : Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

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30/09/2014
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