Libye : la situation sécuritaire est source de préoccupation

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Tarek Mitri

Tarik Mirti, Représentant spécial de Ban ki-moon et Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Libye s'est exprimé sur la situation sécuritaire et politique en Libye devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Représentant spécial peint une situation sécuritaire particulièrement précaire depuis l'adoption d'une loi sur l'exclusion politique.

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Tarek Mitri regrette profondément les évènements du 8 juin qui se sont soldés par un bain de sang à Benghazi à la suite d'une manifestation qui se voulait pacifique. Les choses ont mal tourné et des manifestants y ont attaqué les locaux d’une milice liée au ministère de la Défense. Ces violences ont provoqué la démission du chef d’État-major de l’armée Youssef Al-Mangouch. Le Congrès général national, la plus haute autorité du pays, a demandé au gouvernement de démanteler les “groupes armés illégitimes”.

Tarik Mitri qualifie ces évènements « de tragiques ». Ils ont engendré plusieurs pertes en vies humaines à l'Est de la Libye depuis la révolution. Le 15 juin, en guise de représailles, des hommes armés ont attaqué une base de l'armée et le Directoire de la sécurité nationale.

Selon Tarek Mitri, la dégradation de la situation sécuritaire est indissociable du contexte politique et des divisions et violences générées par l'adoption d'une loi le 5 mai sur l'exclusion politique. Il s'agit d'exclure toute personne, ou groupes de personnes suspectées d'appartenir à l'ancien régime de toute activité publique ou administrative.

Tarek Mitri met en garde contre les répercussions dangereuses de cette loi ainsi que son envergure et son impact sur le processus politique et l'administration publique en Libye.

Cette loi qui divise profondément la société libyenne entre pros et antis isolation des sympathisants de l'ancien régime de la sphère publique et qui a été à l'origine de nombreuses violences, n'est pas que politique. Elle touche d'autres secteurs, notamment celui de l'administration et des affaires publiques. Elle établit des codes de conduite et liste les affiliations politiques ou sociales qui peuvent constituer des raisons ou des facteurs d'exclusion.

(Mise en perspective de Maha Fayek )

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19/09/2014
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