Insécurité au Katanga : des forces spéciales égyptiennes seront déployées, selon la Monusco

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Les responsables civils et militaires des Nations unies lors de la conférence de presse hebdomadaire au quartier général de la Monusco- Photo:Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Des forces spéciales égyptiennes seront déployées dans la province du Katanga, en République démocratique du Congo (RDC), pour renforcer le contingent béninois déjà sur place afin de protéger les populations civiles de cette province en proie à l'insécurité créée par des groupes armés dont la milice Bakata Katanga. C'est ce qu'a annoncé mercredi 26 juin, le porte-parole militaire de la Monusco, le colonel Felix Basse, au cours de la conférence de presse hebdomadaire des Nations unies à Kinshasa.

« Au Nord du Katanga, a indiqué le porte-parole militaire de la Monusco, suite à la résurgence des activités de différents groupes Maï-Maï encore actifs dans cette partie du pays, la situation sécuritaire peut être jugée volatile voire imprévisible ». L'officier onusien a rappelé l'attaque dans la nuit du 22 au 23 juin de la prison de Kasapa à Lubumbashi par des miliciens Bakata Katanga « dans le but de libérer un capitaine des FARDC et ses complices arrêtés le mois dernier pour  tentative de vol des munitions ».

« Ils ont été repoussés par l'armée gouvernementale et la police nationale congolaise. Un insurgé a été tué et deux autres blessés au cours de ces accrochages. C'est d'ailleurs dans ce cadre que la force de la Monusco prévoit de déployer sans tarder une unité de forces spéciales égyptiennes en renfort au contingent des casques bleus béninois déployés dans cette province », a poursuivi le colonel Basse.

« Et ce n'est pas la première fois que les Bakata Katanga attaquent une prison à Lubumbashi. C'est la deuxième fois », a-t-il expliqué, ajoutant: « Je pense que la solution doit être trouvée de manière interne. Mais nous ce qui nous concerne c'est de projeter des troupes, c'est de faire au mieux pour protéger les populations civiles dans une province qui est extrêmement vaste. »

Le colonel Basse a également fait état « des exactions récurrentes menées par les Bakata Katanga dans la zone de Moba ou vers Manono, Mitwaba, Pweto ». « Ce triangle appelé Triangle de la mort et pour lequel, à plusieurs reprises, nous avons humblement reconnu que notre déploiement dans le Nord Katanga était assez juste », a-t-il indiqué.

Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a été invité mercredi 26 juin à s'expliquer devant les députés provinciaux au sujet de l'insécurité dans la province. Il a expliqué que l'insécurité s'est amplifiée dans la province après l'évasion du seigneur de guerre Kyungu Mutanga Gédéon de la prison de Kasapa en septembre 2011.

Il a déclaré que « rien  ne justifie le climat malsain qui règne dans  la province  actuellement. Les Bakata  Katanga ont mutilé, violé, pillé,  incendié des  villages. On  compte environ  400 000  déplacés.  Cette  année, la   campagne  agricole a été hypothéquée, des milliers  d'enfants  ne vont plus à l'école, des  hommes , des  femmes et des enfants  meurent  sans  soins  médicaux.  Ce  bilan  n'honore  aucun fils  du Katanga. »

(Extrait sonore : Colonel Felix Basse, porte-parole militaire de la Monusco ; propos recueillis par Radio Okapi)

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18/04/2014
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