Défis sécuritaires et faiblesses des institutions en Libye : un entretien avec Tarek Mitri

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Tarek Mitri, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Photo : ONU/Rick Bajornas)

Tarik Mirti, Représentant spécial de Ban ki-moon et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Libye (MANUL) s’est exprimé la semaine dernière sur la situation sécuritaire et politique dans ce pays devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Depuis le 8 juin 2013, les choses se sont sérieusement détériorées à Benghazi à l'issue d'une manifestation qui s'est soldée par des violences sanguinaires et des confrontations avec une brigade liée au ministère de la défense.

Sur le plan de la sécurité, a-t-il fait remarquer, les affrontements qui ont eu lieu à Benghazi, le 8 juin dernier, lors d’un des plus grands rassemblements depuis la révolution, ont causé la mort de nombreuses personnes.

« Ce qui avait démarré comme une manifestation pacifique s’est soldé par des échanges de tirs, tuant de nombreux manifestants », a rappelé Tarek Mitri, en précisant que les revendications des manifestants insistaient sur le démantèlement des brigades armées, composées principalement de formations révolutionnaires et placées sous le contrôle opérationnel du Chef d’état-major de l’armée libyenne.

À cela s'ajoute une situation politique particulièrement tendue en raison de l'adoption d'une loi d'exclusion politique qui vise tous ceux qui sont soupçonnés d'avoir collaboré avec l'ancien régime de Mouammar Kadhafi.

Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, Tarek Mitri a regretté la « polarisation croissante » de la société libyenne, suscitée par la loi prévoyant d’écarter des postes de direction au sein des institutions du pays, les personnes associées à l’ancien régime ou ayant commis des violations des droits de l’homme.

« Le peuple libyen continuera de subir, dans les mois à venir, les lourdes conséquences de plusieurs décennies d’un régime brutal et de ce fait, la gestion de la transition sera plus difficile que nous ne le pensions », a-t-il prévenu.

Interview : Tarek Mitri, Représentant spécial de Ban Ki-moon et Chef de La Mission d'assistance des Nations Unies en Libye (MANUL) ; propos recueillis par Maha Fayek

 

 

 

 

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18/04/2014
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